Le Parlement européen a repris à son compte (401 voix pour, 70 contre et 90 abstentions), sans la modifier, jeudi 27 novembre, la proposition de résolution des groupes PPE, S&D, CRE, Renew Europe et Verts/ALE qui « prend acte » des efforts de l'administration Trump pour mettre fin à la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, tout en soulignant que « l’ambivalence politique des États-Unis à l’égard de l’Ukraine nuit à l’objectif de parvenir à une paix durable » (EUROPE 13760/2).
Les eurodéputés demandent à l’Union européenne de « montrer la voie » pour parvenir à une paix juste et durable, toute stratégie européenne devant « reposer sur le droit international, renforcer la sécurité européenne, préserver et rétablir la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine ».
D'après le Parlement, un accord de paix devra être « précédé d’un cessez-le-feu », que la Russie refuse actuellement, et « s’appuyer sur des garanties de sécurité solides accordées par l’UE et les États-Unis à l’Ukraine ». Ces garanties devraient être « équivalentes » à celles prévues par le traité instaurant l'Alliance atlantique.
L’Ukraine « dispose de la liberté de choisir ses alliances politiques et ses alliances en matière de sécurité sans être soumise au veto de la Russie », soulignent les eurodéputés, alors que le plan Trump initial ayant fuité dans la presse prévoit l'adhésion de l'Ukraine à l'UE, mais pas à l'OTAN.
Les députés sont d'avis que les sanctions européennes visant la Russie ne doivent pas être levées tant qu’un accord de paix n'est pas mis en œuvre. Si le Kremlin refuse de s'impliquer dans des pourparlers sérieux, ils préconisent de nouvelles sanctions.
Par ailleurs, le Parlement demande aux États membres d’adopter rapidement un prêt 'Reparation Loan' mobilisant les avoirs de la Banque de Russie immobilisés dans l'UE depuis février 2022.
Lors du vote, tous les amendements des groupes PfE et La Gauche ont été rejetés.
Pour le groupe PfE, l’initiative américaine constitue « une base de travail utile » pour les négociations de paix. L'extrême droite demandait si des fonds européens sont concernés par les récentes affaires de corruption ayant éclaté en Ukraine.
Quant à La Gauche, elle dénonçait « la position militariste » de l’UE et son « incapacité à concevoir un programme de paix autonome et crédible ». La gauche radicale s'inquiétait aussi de la corruption en Ukraine, qui suscite « la défiance » des citoyens européens.
Voir la résolution du PE : https://aeur.eu/f/jp9 (Mathieu Bion)