La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rendra bien en Syrie en janvier, ainsi qu' en Jordanie, pour un Sommet UE-Jordanie, a-t-elle confirmé aux dirigeants européens dans une lettre consacrée à la migration, désormais envoyée avant chaque Sommet européen.
Ce projet avait été dévoilé officieusement lundi 15 décembre (EUROPE 13773/35). Alors que plusieurs pays membres souhaitent pouvoir renvoyer des réfugiés syriens vers leur pays ou renvoyer plus facilement des Syriens déboutés de l’asile et posant éventuellement des risques pour la sécurité (EUROPE 13730/3), la présidente ira dans un pays « toujours confronté à d'importants défis politiques, sécuritaires, humanitaires et de développement », un an après la chute d'Assad.
Elle devrait notamment y annoncer un projet transfrontalier de 80 millions d'euros, entre le Liban et la Syrie, pour soutenir des solutions durables, notamment les retours volontaires pour les réfugiés syriens et les personnes déplacées à l'intérieur de leur propre pays.
Mission technique en Afghanistan. Concernant les retours vers des pays politiquement sensibles, en particulier l'Afghanistan - qui fait toujours face à une situation humanitaire et de droits humains très critique, « nous poursuivons les discussions, notamment au sein du Réseau de haut niveau pour les retours, en particulier sur le traitement des cas de ressortissants de pays tiers ayant des antécédents judiciaires et de ceux qui représentent un risque pour la sécurité », note également la présidente.
En étroite coordination avec le SEAE et Frontex, les services de la Commission ont renforcé leurs efforts communs avec les États membres pour faire progresser la question des retours en Afghanistan, notamment par des mesures préparatoires « en vue d'une éventuelle mission technique début 2026 ». Depuis le 5 décembre, Frontex a étendu le Programme de réintégration de l'UE aux retours volontaires en Afghanistan, indique encore Mme von der Leyen.
Pour le reste, la présidente revient sur l’état des lieux des réformes du 'Pacte Asile et migration', sur les différents partenariats actés ou en cours avec les pays tiers intégrant un volet migratoire (comme le Sénégal) ou sur les nouvelles règles relatives aux retours, approuvées le 8 décembre par les ministres européens de l’Intérieur.
'Hubs' de retours. Avec un taux de retour moyen de 24% au sein de l'UE, un cadre juridique renforcé, complété par des mesures opérationnelles intensifiées, est nécessaire, dit la présidente. Le règlement proposé « mettra en place des éléments communs essentiels, tels que l'ordonnance européenne de retour, un nouveau cadre juridique pour le recours éventuel à des ‘hubs’ de retour et des règles plus strictes pour la gestion des cas de fuite et des problèmes de sécurité ».
À six mois de l'entrée en vigueur du 'Pacte sur la migration et l'asile', il est temps de se concentrer sur la mise en place de tous les éléments constitutifs de notre Plan commun de mise en œuvre, dit par ailleurs la présidente.
Bien que les progrès aient été constants, « il reste encore un travail important à accomplir : Eurodac doit être opérationnel, les dispositions relatives à la procédure aux frontières doivent être mises en place et les capacités d'accueil doivent être adéquatement garanties dans tous les États membres ».
Lien vers la lettre : https://aeur.eu/f/k1h (Solenn Paulic)