Dix-neuf pays membres - l'Allemagne, Malte, les Pays-Bas, l'Italie, la Pologne, l'Autriche, la Belgique, la Croatie, l'Estonie, la Lituanie, la Lettonie, la Bulgarie, la Roumanie, la Suède, la Finlande, la Grèce, la République tchèque, mais aussi Chypre et le Danemark - ont demandé, mardi 16 décembre, de nouveaux moyens financiers pour mettre en œuvre les nouvelles 'solutions innovantes' en matière de gestion de l’immigration irrégulière, dans un courrier adressé à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi qu’au commissaire aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, et à la Haute Représentante pour les Affaires étrangèrese et la Politique de sécurité de l’UE, Kaja Kallas.
Dans ce courrier révélé mardi 16 décembre au soir par Politico et envoyé en amont du Sommet européen, qui évoquera, les 18 et 19 décembre, les dernières avancées dans le domaine de l’asile et la migration, mais aussi le futur budget européen, les ministres de l’Intérieur et des Affaires étrangères de ces pays demandent aussi de « développer davantage de solutions innovantes, en créant les conditions nécessaires, au sein du cadre juridique et des politiques de l’UE, pour garantir la mise en œuvre pratique et la pérennité de ces partenariats ».
Alors que l’UE a déjà négocié des arrangements migratoires avec la Tunisie, l’Égypte ou la Mauritanie dans le cadre de partenariats plus globaux et que le Conseil de l'UE a ouvert la porte, le 8 décembre, à des centres de retours dans les pays tiers (EUROPE 13768/1), ces ministres écrivent que « l'utilisation efficiente des ressources financières est indispensable à la mise en place et à l'opérationnalisation de formes innovantes de coopération ».
Grâce à une structure de financement adéquate, « des programmes peuvent être conçus et mis en œuvre afin de créer les conditions d'une mise en place plus rapide de solutions innovantes. Une stratégie coordonnée est nécessaire pour les instruments de financement ».
Ils invitent ainsi la Commission européenne à élaborer des orientations sur l'utilisation des programmes de financement de l'UE, actuels et futurs, pour soutenir la mise en place et la mise en œuvre de solutions innovantes.
« Concernant le prochain cadre financier pluriannuel (CFP) et sans préjuger des négociations, les ministres soussignés soulignent la nécessité d'accorder une attention suffisante au financement des dimensions internes et externes des migrations, y compris les solutions innovantes, notamment par le biais de l'initiative 'Europe mondiale' et d'un mécanisme de gouvernance efficace ».
Les agences de l'UE et les organisations internationales peuvent jouer un rôle déterminant tout au long des phases d'exploration, de conception, de mise en œuvre et de suivi des solutions innovantes.
Les signataires invitent donc encore la Commission et les agences de l'UE « à examiner et à proposer, dans leurs compétences respectives, les modifications législatives et politiques nécessaires. Cela inclut, le cas échéant, une révision du mandat et des compétences de Frontex afin de garantir un soutien efficace et des capacités suffisantes dans ce domaine de coopération avec les pays tiers ».
Tous ces pays devraient se réunir jeudi 18 décembre au matin pour un petit-déjeuner désormais traditionnel avant tout Sommet européen sur les questions de migration.
Lien vers la lettre : https://aeur.eu/f/k1c (Solenn Paulic)