Les deux blocs avaient acté, le 19 mai à Londres, leur rapprochement dans une série de domaines, entre la défense, la mobilité de la jeunesse, la pêche ou le commerce (EUROPE 13643/1).
Si Londres n’a pas pu rejoindre le programme SAFE, faute d’entente sur les montants de participation, le Royaume-Uni et l’UE ont annoncé, mercredi 17 décembre, un nouvel accord sur Erasmus+.
La Commission européenne et le Royaume-Uni ont en effet finalisé leurs négociations concernant l'association du Royaume-Uni à Erasmus+ en 2027, ont indiqué le commissaire européen compétent, Maroš Šefčovič, et le ministre britannique du Trésor, Nick Thomas-Symonds, dans un communiqué conjoint.
« Cette association offrira d'importantes opportunités dans les secteurs de l'éducation, de la formation, du sport et de la jeunesse, tant au Royaume-Uni que dans l'Union européenne, et plus particulièrement aux jeunes ».
Les modalités de cette association, notamment les conditions financières convenues d'un commun accord, représentent par ailleurs « un juste équilibre entre les contributions du Royaume-Uni et les avantages offerts par le programme et ouvrent la voie à la participation du Royaume-Uni à ce dernier en 2027 ».
Selon les médias britanniques, le Royaume-Uni déboursera 570 millions de livres pour rejoindre ce programme. Avant le 'Brexit', près de 18 300 étudiants britanniques partaient chaque année étudier en Europe et environ 30 000 étudiants européens au Royaume-Uni.
La présidente de la commission de la Culture et de l'Éducation du Parlement européen, Nela Riehl (Verts/ALE, Allemagne), et le négociateur en chef du PE pour le programme Erasmus+ 2028-2034, Bogdan Zdrojewski (PPE, Pologne), « se félicitent de cette nouvelle : dès 2027, les jeunes de l'UE et du Royaume-Uni pourront à nouveau bénéficier d'Erasmus+ ». « Sont concernés les élèves, les étudiants, les apprentis, les enseignants et le personnel des secteurs de l'éducation, de la jeunesse et du sport », indique un communiqué.
Le programme offrira des possibilités d'études, de stages et d'alternance, notamment des apprentissages au sein d'entreprises européennes de premier plan et d'universités britanniques de renommée mondiale, « renforçant ainsi le rôle d'Erasmus+ comme pilier de la coopération éducative européenne ».
Universities UK International et l'Association des universités européennes « ont aussi salué le gouvernement britannique et la Commission européenne pour la rapidité avec laquelle ils ont mené ces négociations complexes et sont parvenus à un accord mutuellement avantageux ».
En rétablissant « les liens entre nos universités, nous favoriserons la mobilité étudiante et du personnel, la coopération interuniversitaire (notamment par le biais des alliances des universités européennes) et l'élaboration de politiques communes. Les avantages d'Erasmus+ vont bien au-delà du simple soutien financier ; il promeut la compréhension mutuelle, le respect et la liberté – des valeurs partagées plus essentielles que jamais dans le monde actuel. ».
« Le retour du Royaume-Uni dans le programme Erasmus+ constitue une étape positive et concrète dans la redéfinition des relations UE-Royaume-Uni, offrant des avantages tangibles aux travailleurs, aux jeunes et aux apprentis des deux côtés de la Manche », s’est aussi félicitée la Confédération européenne des syndicats.
Le Royaume-Uni et la Commission européenne ont également conclu des discussions exploratoires sur la participation du Royaume-Uni au marché intérieur de l'électricité de l'Union européenne, ont indiqué les deux parties, qui devraient publier les détails de ces discussions dans les prochains jours. (Solenn Paulic)