Dans la continuité des demandes de la Suède, déjà adressées en juin lors d’un Conseil formel, les ministres des Vingt-sept ont débattu, mardi 14 octobre à Luxembourg, de la façon d’encadrer les retours des ressortissants syriens vers leur pays d’origine, mais aussi des ressortissants afghans.
Des pays comme l’Autriche ont fait le pari des retours forcés pour les ressortissants syriens posant des problèmes de sécurité dans le pays et mardi, à Luxembourg, plusieurs pays ont plaidé pour une solution commune.
Pour le ministre suédois, Johan Forssell, il est temps d’envisager les retours des Syriens « et en premier lieu de ceux qui ont commis des crimes parfois très graves en Suède ou ailleurs. Nous devons progresser dans ce domaine et mobiliser nos ressources afin de coopérer davantage et de faciliter ces retours », a-t-il dit en arrivant à Luxembourg.
S’exprimant à l’issue des travaux, le commissaire aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, a dit soutenir tous les projets de retours volontaires et soutenir les opérations comme celles menées par l'Autriche, qui renvoie des criminels syriens. Toutefois, il a jugé qu'il est trop tôt pour envisager des retours « massifs vers le pays », la situation n'étant pas encore stabilisée.
Pour l'Afghanistan, le commissaire s'est dit ouvert à encadrer des opérations communes de rapatriement, comme Berlin l'a déjà demandé.
Le ministre suédois avait profité lui aussi de ce Conseil pour demander un plan d’action de l’UE pour le retour des ressortissants afghans, alors que l’Allemagne a conclu récemment un accord avec les talibans.
« De nombreux États membres connaissent une situation similaire : un grand nombre de citoyens afghans devraient retourner, volontairement ou de force, en Afghanistan. Le retour, notamment des personnes ayant commis des crimes ou représentant une menace pour la sécurité, sera crucial pour un système qui inspire confiance à la population. Je souhaite que la Commission élabore un plan d'action global visant clairement à accroître les retours en Afghanistan », a expliqué le Suédois.
Interrogé sur les Syriens, le ministre a reconnu que la situation dans le pays est très complexe, mais « au cours des derniers mois, voire des dernières années, du moins en Suède, tous les Syriens n'ont pas obtenu l'asile, car la situation dépend aussi de leur lieu d'origine. Nous constatons actuellement que de nombreuses personnes en Suède bénéficient d'un permis de séjour temporaire et que certaines ont commis des crimes graves ».
« Un nouveau gouvernement est en place et les visites en Syrie se multiplient », a ajouté le ministre, qui a plaidé, lors du déjeuner avec ses collègues, pour des mesures consistant à utiliser les mêmes avions, par exemple, ou à adopter une législation assez similaire dans tous les pays européens.
« Un large consensus s'est dégagé ici à Luxembourg sur la nécessité de commencer par les rapatriements vers la Syrie », a aussi commenté le ministre allemand, Alexander Dobrindt.
« Un million et demi de Syriens des pays voisins (de la Syrie) sont désormais rentrés dans leur pays. Il s'agit désormais pour l'UE de garantir la possibilité des rapatriements ». Par ailleurs, un accord bilatéral similaire à celui fixé avec Kaboul est aussi en préparation à Berlin. (Solenn Paulic)