Le Parlement européen a adopté l’objection à l’acte d’exécution du règlement ‘déforestation importée’ par 373 voix pour, 289 contre et 26 abstentions, lors d’un vote en session plénière, mercredi 9 juillet.
L’objection avait été déposée par Alexander Bernhuber (PPE, autrichien) et soutenue par l’extrême droite lors du vote en commission de l’environnement du PE, mardi 24 juin (EUROPE 13666/18).
Le PPE demande d'ajouter une catégorie de pays 'à risque nul' aux catégories 'à risque faible', 'standard' et 'élevé' (EUROPE 13646/7), estimant que « dans certains pays ou régions, le risque de déforestation ou de dégradation forestière est effectivement négligeable ». Les États membres de l'UE devraient ainsi figurer dans cette quatrième catégorie, selon le PPE. Un « suivi granulaire et spécifique à chaque région plutôt que des classifications nationales statiques du risque » est aussi suggéré.
En adoptant l'objection du PPE, le Parlement demande à la Commission européenne de réviser le système de référence par pays, mais appelle aussi à l'abrogation du règlement d'exécution.
Selon l'ONG Fern, « cette dernière tentative de saboter le règlement de l’UE contre la déforestation (EUDR) est d'une irresponsabilité flagrante », dans la mesure où ce vote nuit à la prévisibilité dont les entreprises ont besoin et pénalise les entreprises et pays qui se sont déjà préparés à la mise en œuvre du règlement. « Alors que la déforestation mondiale atteint des niveaux record, la volonté politique de l'UE pour y faire face s'effondre ».
Dix-huit États membres de l'UE et seize organisations agricoles de l'UE ont demandé à la Commission de simplifier le règlement 'déforestation importée', lundi 7 (EUROPE 13675/9) et mardi 8 juillet (EUROPE 13676/34). (Florent Servia)