La Commission européenne a évoqué, mercredi 9 juillet, un problème « protocolaire » pour expliquer le refus des autorités de l’est de la Libye, la veille, de laisser le commissaire européen aux Affaires intérieures, Magnus Brunner, accompagné des ministres de l’Intérieur italien, grec et maltais, poursuivre sa mission dans le pays.
Après avoir eu une réunion à Tripoli avec le gouvernement d'unité nationale de Libye, reconnu par l’ONU, les responsables européens ont été brusquement stoppés à Benghazi, territoire du Maréchal Haftar.
Dans un communiqué, le gouvernement de l’État de Libye a expliqué avoir interrompu cette visite à l'aéroport de Benghazi faute de respect par les Européens des dispositions sur les visas ou l’autorisation de circuler dans le pays. Le fait que les Européens seraient d'abord passés par Tripoli est une autre explication à ce brusque revirement.
Le commissaire Magnus Brunner a néanmoins communiqué sur X, mardi soir. « Nous venons de conclure notre mission en Libye avec les ministres grec, italien et maltais chargés des migrations. À Tripoli, nous avons eu des discussions approfondies avec le Premier ministre, Abdul Hamid Dbeibeh, le ministre des Affaires étrangères, M. Al-Baour, le ministre de l'Intérieur, M. Trabelsi, et le ministre du Travail, M. Al-Abed. Nous avons évoqué les défis communs en matière de migration et réaffirmé notre engagement commun à lutter contre le trafic de migrants. Cette mission a jeté les bases d'une coopération plus large. Les réunions prévues à Benghazi n'ont finalement pas pu avoir lieu ».
La situation en Libye est critique, l’UE s’inquiétant notamment d'une augmentation des départs de migrants vers l’UE depuis le pays. « L’UE doit s’engager » avec les autorités de ce pays, étant donné les conséquences en termes de migration, a dit la Commission mercredi.
Celle-ci reste également « prête à travailler avec tous les acteurs clefs en Libye ». Cette mission était d’ailleurs une « première étape pour relancer les échanges ».
Fin juin, le commissaire avait évoqué, lors d'un évènement public, les pratiques d'instrumentalisation de la migration opérées depuis la Libye vers l'UE par la Russie et la Biélorussie. Il avait aussi jugé indispensable de coopérer avec les autorités libyennes, même jugées « douteuses ». (Solenn Paulic)