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Bulletin Quotidien Europe N° 13654
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

L'institut monétaire européen est en bonne position pour affronter les incertitudes

Avec une huitième baisse d'affilée de ses taux directeurs, la BCE est d'avis que l'institut monétaire est « en bonne position » pour faire face aux incertitudes, notamment les tensions commerciales internationales, et garder le cap d'une inflation stable à 2% à moyen terme.

Jeudi 5 juin, sur la base de nouvelles projections en matière d'inflation et de croissance, le Conseil des gouverneurs a en effet décidé d’abaisser de 25 points de base les trois taux d’intérêt directeurs de l'institut monétaire. À partir de mercredi 11 juin, les taux d’intérêt de la facilité de dépôt, des opérations principales de refinancement et de la facilité de prêt marginal seront ainsi ramenés respectivement à 2,00, 2,15 et 2,40%.

Avec cette baisse, « nous pensons que nous sommes en bonne position pour naviguer face aux incertitudes qui se présenteront », a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, faisant état d'une décision presque unanime du Conseil des gouverneurs, puisqu'un seul banquier central s'y est opposé.

Plusieurs fois interrogée sur un possible arrêt des baisses de taux, elle s'est refusée à répondre explicitement, rappelant que la BCE prenait ses décisions réunion après réunion, sur la base de données actualisées et sans s'engager à l'avance sur une trajectoire spécifique. Elle a toutefois reconnu que la BCE se trouvait à « la fin du cycle de politique monétaire » qui a permis d'affronter une conjonction de chocs macroéconomiques, citant la pandémie de Covid-19, l'agression militaire russe de l'Ukraine et la crise énergétique que celle-ci a déclenchée.

Nous sommes désormais dans « une période différente », avec des enjeux différents, a relevé l'ancienne directrice du FMI, faisant peut-être allusion aux tensions commerciales internationales provoquées par l'administration 'Trump'.

La présidente de la BCE a présenté les nouvelles prévisions en matière d'inflation pour l'Eurozone : 2,0% en 2025, 1,6% en 2026 et 2,0% en 2027. Les prévisions pour 2025 et 2026 ont ainsi été revues à la baisse de 0,3% par rapport à celles de mars (EUROPE 13594/16). D'après Mme Lagarde, le fait que la hausse des prix devrait manquer la cible de 2,0% l'année prochaine est due à la baisse attendue des prix énergétiques et au renchérissement prévu de l'euro. Quant à l'inflation sous-jacente (hors prix de l'énergie et alimentaires), elle devrait s'élever à 2,4% en 2025 et à 1,9% en 2026 et 2027.

 Concernant la situation économique, la BCE considère encore que les risques à la baisse prédominent. En cause, l'incertitude liée à de possibles tarifs douaniers américains, combinée avec un euro fort qui pèse sur les exportations européennes. Néanmoins, parmi les aspects encourageants, l'institut monétaire cite l'emploi, qui reste résilient dans la zone euro, les conditions de financement des entreprises, qui s'assouplissent, et la perspective d'investissements accrus dans la défense et les infrastructures.

Sur cette base, la BCE prévoit que la croissance du PIB dans la zone euro devrait s’établir en moyenne à 0,9% en 2025, à 1,1% en 2026 et à 1,3% en 2027. Pour cette année, la projection de croissance inchangée par rapport à mars tient à un premier trimestre meilleur qu’attendu (0,3% du PIB) et à de moins bonnes perspectives pour le reste de l’année.

Mme Lagarde a évoqué la publication, le jour même, par l'institut monétaire de scénarios tentant d'évaluer l'impact des tensions commerciales sur la croissance. Vu le contexte actuel, elle a pressé les pays de la zone euro de maintenir des politiques budgétaires saines et de mettre en place des politiques économiques stimulant la compétitivité.

Enfin, la présidente de la BCE s'est félicitée de l'appréciation positive rendue la veille par l'institut monétaire et la Commission européenne (EUROPE 13653/1) vis-à-vis de l'adhésion de la Bulgarie à la zone euro à partir de janvier 2026. Le gouverneur de la Banque centrale bulgare sera invité à participer en tant qu'observateur aux réunions du Conseil des gouverneurs dans le courant du deuxième semestre 2025.

Et Mme Lagarde de couper court aux rumeurs selon lesquelles elle ne terminerait pas son mandat, qui court jusqu'en octobre 2027, en vue de s'engager auprès du 'Forum économique mondial' à Davos. « Je suis fermement déterminée à remplir ma mission et à finir mon mandat », a-t-elle assuré.

Voir les décisions de politique monétaire de la BCE : https://aeur.eu/f/h6z  (Mathieu Bion)

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