La commissaire européenne à la Méditerranée, Dubravka Šuica, a annoncé, mercredi 4 juin à Damas, qu’elle avait proposé aux nouveaux dirigeants syriens un partenariat stratégique entre l’UE et la Syrie.
« J'ai proposé d'entamer des négociations bilatérales sur un accord de partenariat stratégique entre l'Union européenne et la Syrie. (…) Ces accords portent généralement sur l'énergie, le commerce, le numérique et les contacts interpersonnels. Nous entamerons donc des discussions avec la Syrie », a-t-elle annoncé aux côtés du ministre des Affaires étrangères, Asaad Hassan al-Shaibani.
La commissaire a aussi précisé que l’UE travaillait à la réintégration de la Syrie dans la politique de voisinage et les programmes européens, en commençant par Erasmus+.
Annonçant un nouveau soutien financier de 175 millions d’euros (EUROPE 13653/24), Mme Šuica a aussi promis qu’« une fois les conditions réunies et une fois que la Syrie se sera un peu redressée », elle s’efforcerait d'attirer et d'inciter les entreprises européennes à investir dans le pays et à créer de nouveaux emplois pour les jeunes.
M. al-Shaibani a précisé que son pays était ouvert « à plus d'investissements, de coopération et de justice transitionnelle ». « La période de confinement est révolue, la Syrie souhaite devenir un partenaire économique puissant, et non être soumise à la pitié et dépendante de l'aide. Les Syriens ont beaucoup souffert et il est grand temps qu'ils aient un avenir prospère », a-t-il souligné. Et d’ajouter que le potentiel de son pays était considérable, notamment en termes de capital humain.
Le ministre a aussi appelé l’UE à soutenir la Syrie dans ses efforts pour remédier à la situation sécuritaire, alors qu'elle fait face à des attaques, notamment d’anciens partisans d’El Assad, mais aussi d’Israël. « Les récentes attaques israéliennes ne constituent pas seulement une violation du droit international, mais des provocations systématiques visant à pousser la Syrie à réagir d'une manière qu'elle refuse. Ces actes visent à semer le chaos dans le pays », a-t-il dénoncé. M. al-Shaibani a appelé la communauté internationale à soutenir le respect de l’accord de 1974.
Enfin, Mme Šuica a estimé qu’il fallait « garantir le retour volontaire, sûr, digne et durable des réfugiés vivant dans les pays voisins et en Europe », tout en précisant que la Syrie n’était pas encore considérée comme un 'pays tiers sûr'. (Camille-Cerise Gessant)