Les opposants russes Yulia Navalnaya, Vladimir Kara-Murza et Ilya Yashin ont demandé à l’Union européenne, jeudi 5 juin, de s’impliquer davantage pour soutenir la société civile russe et l’opposition démocratique.
« On doit commencer à travailler ensemble, lancer des petits projets, mais significatifs, soutenir la société civile en Russie, maintenir le dialogue entre les Russes qui s’opposent à la guerre et l’UE », a résumé Yulia Navalnaya.
Vladimir Kara-Murza a estimé qu’il fallait « institutionnaliser » le dialogue entre l’UE et l’opposition russe, « peut-être dans le cadre d’un accord parlementaire », et trouver un moyen de communiquer avec le peuple russe. « Il faut être ferme vis-à-vis de Poutine, mais l'UE doit avoir un dialogue avec la société civile russe qui croit en un avenir libre, pacifique et européen », a-t-il expliqué.
Rappelant que l’échange de prisonniers politiques d’août dernier – dont Vladimir Kara-Murza avait bénéficié – avait été négocié par l’ancienne administration américaine, Mme Navalnaya a précisé qu’il n’était pas certain que la nouvelle administration américaine soit aussi engagée.
Elle a donc appelé l’UE à « remplir le vide ». « C’est une opportunité pour l’Europe de montrer qu’elle est engagée en faveur des valeurs humanitaires, que l’Europe peut sauver des prisonniers politiques », a-t-elle expliqué, estimant qu’il y aurait plus de 3 000 prisonniers politiques.
De même, selon la veuve d'Alexeï Navalny, l’Union doit soutenir l’opposition démocratique, car c’est « sur elle qu’on construira une Russie libre et démocratique ». « Il faut soutenir ces personnes pour travailler ensemble plus tard. On peut les aider en les protégeant contre la pression du régime de Poutine », a-t-elle ajouté.
Alors que l’UE a annoncé un soutien de 5,5 millions d’euros pour Radio Free Europe, Mme Navalnaya a plaidé pour un soutien aux médias russes indépendants, souvent en exil, plutôt qu’un « média basé aux États-Unis ».
Vladimir Kara-Murza a aussi demandé aux Européens de préparer une 'feuille de route' pour l’après-Poutine, rappelant qu’en Russie, un changement politique peut arriver quasiment du jour au lendemain, comme ce fut le cas pour le tsar ou le communisme. (Camille-Cerise Gessant)