Les tarifs douaniers américains de 50% sur l'acier et l'aluminium sont en vigueur depuis mercredi 4 juin à minuit. Malgré cette nouvelle escalade, le commissaire européen au Commerce, Maroš Šefčovič, met encore tout son espoir dans une issue positive des négociations entre l'UE et les États-Unis. Il a rencontré, ce même jour, son homologue américain, le représentant au Commerce, Jamieson Greer, à Paris.
« Je lui ai expliqué que cela n'aidait pas les négociations en cours, surtout alors que nous progressons », a déclaré M.Šefčovič devant la presse à propos des droits américains de 50% sur l'acier et l'aluminium.
Il a insisté auprès de son homologue pour affirmer que l'acier européen n'était pas la cause des problèmes auxquels sont confrontés les Américains. « Nous exportons de l'acier hautement spécifique, qui est nécessaire à l'industrie américaine, car il est utilisé pour des productions bien spécifiques, et nous faisons clairement face aux mêmes défis : nous souffrons à cause des surcapacités mondiales ».
Malgré ce dernier geste du Président américain, Donald Trump - qui ne vise pas seulement l'UE -, le commissaire européen reste confiant quant aux négociations. « Je crois toujours que nous pouvons atteindre un résultat positif », a-t-il affirmé, assurant que les discussions ont progressé et qu'elles sont désormais très concrètes.
La sidérurgie dans l'UE essuie un nouveau coup. De leur côté, les producteurs européens d'acier appellent à l'aide. La Commission doit proposer d'urgence une solution de remplacement à la clause de sauvegarde actuelle, selon le directeur général de l'association Eurofer, Axel Eggert, dont l'organisation représente le secteur de la sidérurgie dans l'UE. « Si nous attendons 2026, quand la mesure de sauvegarde actuelle sur l'acier expirera, la majeure partie de notre industrie sera déjà submergée au point de ne plus pouvoir être sauvée », a-t-il insisté dans un communiqué.
Devant les députés de la commission de l'Industrie au Parlement européen, mardi 3 juin, le vice-président exécutif de la Commission européenne chargé de la prospérité industrielle, Stéphane Séjourné, a promis de présenter cette mesure avant cet été. (Léa Marchal)