Les membres de la commission du commerce international (INTA) du Parlement européen ont été surpris d'entendre de la part de la Commission européenne, mercredi 19 mars, que celle-ci ne comptait pas suspendre le protocole d'accord sur les matières premières ('memorandum of understanding') avec le Rwanda. Le 13 février, les députés ont adopté une résolution demandant la suspension de cet accord (EUROPE 13579/12). Toutefois, le représentant de la Direction générale des partenariats internationaux à la Commission européenne, qui était présent pendant l'échange, a indiqué que la Commission souhaitait maintenir l'accord et allait procéder à une révision.
Une décision incompréhensible pour une écrasante majorité des membres, qui se sont montrés unis dans leur demande de suspendre le protocole, au vu des nombreuses violations des droits humains commises par le Rwanda actuellement. La présidente de la délégation à l'Assemblée parlementaire Afrique-UE, Hilde Vautmans (Renew Europe, belge), s'est insurgée contre la décision de la Commission. « Quels arguments la Commission peut-elle présenter pour la conclusion initiale du protocole d'accord ? Comment le Rwanda peut-il être candidat à ce genre de partenariat ? ». Et de réclamer, non pas une révision de l'accord, mais sa suspension.
Ses collègues ont exigé la même chose, et certains ont demandé ce que la Commission européenne entendait par une révision.
Udo Bullmann (S&D, allemand) a exprimé son incompréhension de voir l'UE persister à travailler avec un partenaire « qui alimente une guerre incroyable dans un pays voisin, qui soutient manifestement des forces armées violant les droits de l'homme, qui commettent des actes de violence sexuelle dans un nombre incroyable de cas ».
Le Français Thierry Mariani (PfE) a nié le fait que le protocole d'accord garantissait la traçabilité des matières premières.
En réponse, la Commission européenne a soutenu que le protocole d'accord offrait un levier pour travailler sur la traçabilité des matières premières exportées par le Rwanda. « Si on annule le MoU, nous n'en aurons plus jamais », a mis en garde le représentant de la Commission. (Léa Marchal)