Le 'Fonds européen pour les investissements stratégiques' (EFSI), qui a précédé le programme InvestEU, a largement contribué à stimuler les investissements privés additionnels à partir de 2015, sans toutefois atteindre l'objectif fixé de 500 milliards d'euros d'investissements supplémentaires, a indiqué la Cour des comptes européenne dans un audit rendu mercredi 19 mars.
« L'EFSI a contribué de manière substantielle à combler le déficit d'investissement de l'UE et a soutenu un grand nombre d'activités différentes, allant de la microfinance aux grands investissements d'infrastructure, bien qu'il n'ait pas pleinement atteint son volume d'investissement cible », a déclaré Lefteris Christoforou, le membre de la Cour des comptes européenne responsable de l'audit, dans un communiqué.
Selon les auditeurs européens, l'objectif d'investissements fixé n'a pas été atteint pour 131 milliards d'euros. Cette situation s'explique par la « faiblesse » de la méthodologie ayant permis à la Commission européenne et la BEI d'élaborer et d'appliquer le coefficient multiplicateur de la garantie publique européenne ayant servi à attirer l'investissement privé. Ce coefficient multiplicateur était en partie basé sur des financements avant que ceux-ci soient effectivement versés aux bénéficiaires financiers et il ne déduisait pas les investissements annulés.
Les intermédiaires financiers (banques, fonds d'investissement) ont évalué le caractère additionnel de l'EFSI de manière positive, constate également la Cour.
Elle note que la Commission n'a pas effectué d'analyse ex post de ce principe d'additionnalité, analyse qui aurait permis de déterminer de manière concluante dans quelle mesure les fonds publics ont effectivement permis de réaliser des investissements qui, en l'absence de ces fonds publics, n'auraient pu être effectués ou l'auraient été à un niveau moindre. En outre, les évaluations réalisées par la Commission manquent de précision sur l'impact du Fonds EFSI en termes d'emplois créés et de développement durable. Même chose sur la part des fonds européens ayant bénéficié à des opérateurs économiques de pays tiers.
Voir le rapport de la Cour des comptes : https://aeur.eu/f/g0t (Mathieu Bion)