La commission de l'Environnement du PE devrait opter pour la procédure d'urgence sur la modification de la directive 'Habitats' sur le statut de protection du loup, a déclaré une source parlementaire à Agence Europe. La date du vote en session plénière reste à confirmer.
La Commission européenne a en effet proposé d'aligner le statut de protection du loup dans la législation européenne après l'entrée en vigueur de sa modification dans la Convention de Berne, vendredi 7 mars (EUROPE 13595/19).
Les parties à la Convention de Berne avaient adopté un amendement pour passer le statut du loup d''espèce strictement protégée' à 'espèce protégée', en décembre 2024 (EUROPE 13537/15).
Consciente que les jeux sont faits sur le statut de protection du loup, la commission de l'Environnement privilégie la procédure d'urgence afin d'éviter la réouverture complète de la directive 'Habitats', comme le souhaiteraient des associations agricoles.
Dans une lettre adressée par Emma Fourreau (La Gauche, française) aux ministres européens de l'Environnement, lundi 17 mars, elle a toutefois invité le Conseil de l'UE à ne pas soutenir la révision proposée de la directive 'Habitats'.
« La nouvelle classification ouvre la porte à une réglementation plus souple, qui, de facto, facilite l’abattage des loups et compromet la stabilité des populations encore fragiles dans de nombreuses régions d’Europe », explique l'eurodéputée dans la lettre co-signée par 32 eurodéputés de La Gauche et des Verts/ALE.
Selon ces derniers, « l'argument selon lequel le loup serait en surpopulation ne repose sur aucune base scientifique », dans la mesure où leur stabilité à l'échelle européenne n'est pas assurée, malgré l'augmentation dans certaines régions.
L'eurodéputée a également pointé le risque d'augmentation d'attaques sur les troupeaux en cas d'abattage arbitraire de loups et, donc, de désorganisation des meutes. « La seule approche efficace et durable consiste à mettre en place des plans de coexistence garantissant à la fois la protection des loups et celle des activités pastorales et agricoles », clament les eurodéputés.
Voir la lettre : https://aeur.eu/f/g0o (Florent Servia)