La commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures du Parlement européen (LIBE) a organisé, mercredi 19 mars, une audition consacrée à la présentation du rapport d'activité 2024 du 'Réseau des agences européennes Justice et Affaires intérieures' (JHAAN), ainsi que le programme de travail pour 2025 de l'Agence de l'Union européenne pour les droits fondamentaux (FRA), qui occupe actuellement la présidence tournante du réseau et a présenté ses priorités pour l'année en cours.
En effet, le réseau JHAAN regroupe neuf agences, chapeautées par les Directions générales des Affaires intérieures et de la Justice de la Commission européenne et chargées d’une diversité de thématiques telles que la migration (EUAA), la lutte contre le crime organisé (Europol), la gestion des frontières extérieures (Frontex) et la protection des droits fondamentaux (FRA), qui assurent depuis 2010 la présidence du réseau pour une durée d'un an afin d’organiser les activités et de coordonner les priorités communes.
La responsable principale des politiques au sein de l’unité des relations avec les entreprises et les parties prenantes de l’EU-LISA - l’Agence européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d'information à grande échelle au sein de l'espace de liberté, de sécurité et de justice -, Ave Poom, a initié l'audition en présentant le rapport d'activité 2024.
Quatre priorité du réseau ont ainsi été exposées : la numérisation et l'innovation, la sécurité et la résilience, la responsabilité sociale et l'accompagnement des nouveaux commissaires européens.
La directrice de la FRA, Sirpa Rautio, a ensuite détaillé le programme de travail 2025.
« Nos priorités sont celles de l'UE et tiennent compte de la volatilité du monde dans lequel nous nous trouvons en ce moment », a-t-elle souligné avant d’évoquer les efforts pour intégrer la défense des droits fondamentaux dans les débats sur la sécurité, et ce, notamment, en matière de surveillance et d'accès aux données.
En outre, sa présidente a assuré que la FRA devrait approfondir son travail sur l'intelligence artificielle.
« Dès le début de mon mandat, j'ai constitué un groupe de travail IA pour (...) associer l'IA et la défense des droits fondamentaux », a-t-elle déclaré.
Un atelier sera organisé sur ce thème, même si « nous ne sommes pas sûrs de formuler des recommandations », a encore précisé Sirpa Rautio.
Au cours des échanges avec les eurodéputés, la question des ressources financières a été soulevée.
Ainsi, Saskia Bricmont (Verts/ALE, belge) a fait part de son inquiétude concernant « l'évolution vers des législations et des décisions (...) qui n'ont plus les droits fondamentaux comme boussole » et a interrogé la FRA sur son budget.
Sirpa Rautio a confirmé que l'agence « dispose, à vrai dire, de 33 nouvelles tâches alors que nous n'avons pas d'enveloppe supplémentaire ».
Le contrôle des frontières et de l'équilibre entre sécurité et respect des droits fondamentaux ont également fait l’objet d’interrogations.
L’eurodéputée estonienne Marina Kaljurand (S&D) a demandé comment « trouver le point d'équilibre » entre la protection des frontières et le respect des obligations humanitaires.
Sirpa Rautio a rappelé que « la protection des frontières doit garantir les protections des libertés fondamentales ».
Aussi, elle a plaidé pour un nécessaire suivi indépendant des droits fondamentaux aux frontières et sur lequel la FRA continue de travailler avec la Commission et d’autres acteurs. (Nithya Paquiry)