À quelques jours du Conseil d'association UE-Israël, sept ONG ont exigé, lors d'une conférence de presse organisée mercredi 19 février, la suspension de l’accord d’association sur la base de « violations graves du droit international » par les autorités israéliennes.
Cet accord, en vigueur depuis 2000, ne peut être suspendu qu'à l'unanimité des 27 États membres.
Les représentants des organisations ont vivement critiqué « l’impunité israélienne » face aux actions menées dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Ils ont sommé l'UE de respecter ses « engagements moraux » en invoquant l’article 2 de l’accord d’association, qui impose aux parties le respect des droits de l’homme et des principes démocratiques.
« L'UE est complice des crimes commis par l’État d’Israël », a clamé Alexis Deswaef, vice-président de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH). « Tous les voyants sont au rouge et l’UE détourne le regard », a-t-il dénoncé, énumérant les décisions de la Cour internationale de justice et les mandats d’arrêt de la Cour pénale internationale visant deux responsables israéliens, dont le Premier ministre, Benjamin Netanyahu (EUROPE 13385/4, 13337/15, 13529/3).
La tenue même de la rencontre entre l'UE et Israël a indigné Bertrand Heilbronn, président de la Coordination européenne des comités et associations pour la Palestine, qui a regretté « l’époque où l’UE était plus digne et avait refusé d’organiser le Conseil après les attaques israéliennes de 2008 à Gaza ».
Les ONG ont également plaidé pour la fin des échanges d'armes avec Israël et du commerce avec les colonies.
Claudio Francavilla, représentant de Human Rights Watch auprès de l’UE, a conclu en déplorant un « double-standard » européen. « Nous avons vu le meilleur de l’UE sur l'Ukraine (...) et le pire de l’UE sur Gaza », a-t-il asséné, estimant que l'UE brandit la solution des deux États « comme un slogan » alors même que le territoire palestinien « rétrécit de jour en jour ».
En dépit de la position européenne jugée « décevante » jusqu'à présent, Claudio Francavilla a espéré que la réunion du conseil d'association constituera « un signal d'alarme face à ce cauchemar collectif » et que l'UE fera, enfin, « des déclarations moins déconnectées de la réalité ».
Fin 2024, l'ancien Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères Josep Borrell avait proposé aux États membres de suspendre le dialogue politique avec Israël, sans succès (EUROPE 13524/20). (Justine Manaud - stagiaire)