Le député européen Siegfried Mureşan (PPE, roumain), corapporteur pour le prochain cadre financier pluriannuel (CFP), a proposé de consacrer une part plus importante de fonds européens aux projets transfrontaliers pour développer le rail, lors d’une conférence organisée par les Chemins de fer polonais (PKP) et la Communauté européenne du rail (CER), mercredi 19 février (EUROPE 13578/3). Avec les autres participants, il a considéré qu’il faut consacrer une part plus substantielle du budget au développement du rail (EUROPE 13495/4).
M. Mureşan a estimé que le budget constitue « un équilibre entre prévisibilité et flexibilité », car il faut pouvoir réagir en cas de crise, tout en apportant de la prévisibilité pour les infrastructures, en s'engageant sur le long terme. « La priorité absolue est la sécurité et la défense, d’un côté, et la concurrence de l’autre. Nous ne serons attractifs pour le secteur privé que si nous sommes en sécurité ». « Nous créerons des synergies entre ces deux priorités essentielles, contribuant également à la mobilité militaire », a-t-il ajouté.
Il a souligné qu’il fallait garantir également l'équilibre entre les priorités traditionnelles, telles que l’agriculture et la politique de cohésion, et les nouvelles priorités. « La politique de cohésion doit évoluer, il faut voir quels sont les prochains projets que nous pouvons accueillir, en particulier les projets à double usage, comme les infrastructures civiles et militaires », a-t-il illustré. Il a donc soumis l’idée d’objectifs contraignants pour les projets transfrontaliers. « Il faut convaincre les États membres et les gens que l'argent dépensé par le biais de l'UE est bien dépensé, les convaincre de cette valeur ajoutée », a-t-il développé.
De son côté, Alan Beroud, PDG de PKP et vice-président de la CER, a plaidé pour la création d'un nouveau mécanisme financier dédié à la réduction effective des émissions, qui servirait au secteur ferroviaire.
Herald Ruijters, directeur général adjoint de la Direction générale de la mobilité et des transports (DG MOVE) au sein de la Commission européenne, a évoqué le problème de la sursouscription au ‘Mécanisme pour l’interconnexion en Europe' (‘Connecting Europe Facility’ ou ‘CEF’), notamment en ce qui concerne la mobilité militaire. Il a déploré également que la 'Facilité pour la reprise et la résilience' (FRR) ne comporte que des plans nationaux pour les États membres de l'UE, mais aucun projet transfrontalier. (Anne Damiani)