Le commissaire européen à la Pêche, Costas Kadis, a tenté de rassurer la commission de la pêche du Parlement européen, mercredi 19 février, sur le respect des préoccupations des pêcheurs dans le futur 'Pacte pour les océans'.
Au sujet de plan de gestion des stocks en Méditerranée occidentale, le commissaire a indiqué avoir reçu des lettres du secteur et des ministères des pays concernés (France, Espagne, Italie). « Je sais qu'il y a énormément de préoccupations. Nous allons voir ce qu'il en est des différentes options possibles », a-t-il dit, refusant à ce stade de s’engager vers une révision de ce plan de gestion, laquelle « exige une évaluation d'impact ». Or, une telle évaluation d'impact prend un certain temps. Plusieurs députés, dont Gabriel Mato (PPE, espagnol), ont prôné une modification du plan de gestion.
M. Kadis a insisté sur le fait que le nouveau règlement en matière de contrôle devait être mis en œuvre dans les temps.
Pacte pour les océans. Le commissaire a assuré aux députés que la compétitivité du secteur de la pêche et de l'aquaculture sera un « élément central » dans ce 'Pacte pour les océans' (EUROPE 13574/16). Le premier objectif est toutefois d'assurer la santé des océans, « parce que, sans un océan sain, nous ne pourrons pas avoir de pêche et d'aquaculture durable », a fait valoir M. Kadis.
Évaluation de la PCP. Il faut réformer la PCP, a dit M. Mato. L'évaluation de la politique commune de la pêche (PCP) tiendra compte des trois piliers de la durabilité : aspects économiques, sociaux et environnementaux. La modernisation de la flotte, la décarbonation et la sécurité dans ce secteur seront également prises en compte dans l'évaluation. « Les faiblesses qui ressortiront de l'évaluation seront prises en compte pour une possible révision, mais, entretemps, il faut que nous mettions l'accent sur la mise en œuvre de la PCP », a résumé le commissaire à la Pêche.
La révision devra permettre, selon lui, de parvenir à de meilleures conditions de vie pour les pêcheurs.
Concernant le budget de la PCP 2028-2034, « je ne sais pas très bien quelle sera la structure au niveau du cadre financier pluriannuel (CFP), mais j'essaierai de veiller à ce qu'il y ait suffisamment de fonds dans le prochain CFP pour mettre en œuvre les initiatives prévues dans le 'Pacte pour les océans' », a assuré Costas Kadis.
Il a demandé aussi à ses services de présenter un plan afin de voir où il serait possible de réduire la charge administrative s'agissant des règles de la PCP.
« Il faut que nous modernisions notre secteur. Il faut qu'il soit plus durable, moins néfaste pour l'environnement et les nouvelles technologies devraient nous permettre d'avancer », a dit aussi le commissaire.
Il a rappelé à André Rodrigues (S&D, portugais), qui a critiqué le système de répartition des quotas, que la pêche artisanale représentait 76% de la flotte de pêche en Europe. « Elle est fondamentale pour nos communautés côtières. Elle a besoin de notre soutien », a dit le commissaire. Dans l'évaluation de la PCP, l’aide aux petits pêcheurs sera examinée. (Lionel Changeur)