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Bulletin Quotidien Europe N° 13420
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ACTION EXTÉRIEURE / Commerce

Les Vingt-sept tentent de trouver une ligne commune sur la politique commerciale

Le degré d'ouverture ou de fermeté de la politique commerciale de l'UE continue de faire débat au sein des États membres. À quelques jours d'une potentielle annonce de tarifs provisoires sur les véhicules électriques chinois, certains pays appellent à la prudence tandis que d'autres soutiennent des mesures rapides. Lors de la réunion des ministres du Commerce européens, jeudi 30 mai, un consensus s'est toutefois dégagé autour du principe selon lequel le commerce jouera un rôle majeur dans la compétitivité de l'UE.

« Nous avons besoin d'une politique commerciale ouverte, proactive et ambitieuse. Il nous faut aussi prendre en compte les risques liés aux dépendances », a indiqué la ministre belge des Affaires étrangères, Hadja Lahbib, à l'issue de la réunion. Un certain nombre de ministres ont rappelé la position de leur pays pour une politique commerciale qui soit la plus ouverte possible.

Dans cette optique, ces mêmes États membres ont mis en garde contre l'usage des outils de défense commerciale. Les tarifs provisoires sur les véhicules électriques chinois, que la Commission envisage d'imposer prochainement, font réagir les pays les plus libéraux, comme la Suède. « D'une manière générale, nous sommes un peu sceptiques. Nous ne voulons pas nous engager dans une quelconque guerre commerciale. Nous voyons, bien sûr, qu'il y a des problèmes en Chine, mais il y a aussi des risques quand on parle de tels tarifs », a affirmé le ministre suédois du Commerce, Johan Forssell. 

L'Irlande considère, elle aussi, que l'UE doit conserver les relations les plus ouvertes possibles avec ses partenaires : « Soyons prudents, l'Irlande est un pays qui favorise l'économie ouverte, le commerce juste, et nous pensons qu'il faut préserver des relations à travers le monde », a déclaré le ministre du Commerce irlandais, Peter Burke.

D'autres pays, comme la France ou encore la Pologne, sont largement favorables à l'imposition de tarifs susceptibles de lutter contre la surprésence des véhicules chinois sur le marché européen. 

La ministre belge a résumé les discussions ainsi : « Les instruments de défense commerciale doivent être utilisés de manière optimale ».

Contrôle des exportations 

La prudence est également de mise s'agissant de modifier le règlement qui régit les contrôles d'exportation de biens à double usage. En janvier 2024, la Commission européenne a publié un 'livre blanc' dans lequel elle suggérait des ajouts à la liste de produits visés par les contrôles (EUROPE 13335/1). 

Dans un texte de conclusions adopté jeudi 30 mai, les Vingt-sept se montrent frileux sur cette idée. Selon eux, ajouter des produits à une liste qui est fixée par les régimes multilatéraux n'est « pas approprié », au vu des engagements internationaux des États membres. 

La Commission avait proposé d'ajouter uniquement les produits qui ont fait l'objet de propositions au sein des régimes multilatéraux, mais qui ont été bloqués par la Russie dans ces mêmes enceintes. Elle souhaite, par ce biais, réduire l'hétérogénéité entre les pays membres qui imposent des contrôles sur plus de produits que d'autres. En effet, le contrôle des exportations est une compétence nationale. 

Voir les conclusions du Conseil : https://aeur.eu/f/cga

Relations avec l'Afrique

Concernant l'Afrique, les Vingt-sept se rejoignent largement : l'UE doit approfondir ses liens de commerce et d'investissement avec ce continent. Cela peut passer par des accords de facilitation des investissements, mais aussi, par exemple, par des accords sectoriels sur les matières premières. Ces derniers mois, l'UE a signé des protocoles d'accord ('memorandum of understanding') en la matière avec la Namibie, la République démocratique du Congo, le Rwanda et la Zambie. 

La réunion des ministres a été l'occasion pour eux d'approuver formellement l'Accord de partenariat économique avec le Kenya (EUROPE 13361/12). 

Un autre élément soulevé par les États membres durant leurs discussions est le besoin pour les colégislateurs européens de prendre davantage en compte l'impact de leurs nouveaux instruments sur les partenaires commerciaux, notamment africains. Le règlement sur la déforestation importée et le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières (CBAM) ont été évoqués comme des exemples de mesures unilatérales qui affectent les pays en développement. « Il s'agira d'un défi important pour le prochain Parlement européen », a affirmé Hadja Lahbib. (Léa Marchal)

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