L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a publié, jeudi 30 mai, un rapport intitulé 'Stratégies pour des transitions énergétiques abordables et équitables'. Ce rapport démontre que l'accélération de l'adoption des technologies énergétiques propres peut améliorer l'accessibilité financière de l'énergie et atténuer les pressions sur le coût de la vie.
Selon le document, mettre le monde sur la voie des émissions nettes nulles d'ici 2050 nécessite des investissements supplémentaires. Néanmoins, ces investissements permettent de réduire les coûts opérationnels du système énergétique mondial de plus de moitié au cours de la prochaine décennie par rapport aux politiques actuelles. Le résultat net est un système énergétique plus abordable et plus équitable pour les consommateurs.
Les technologies énergétiques propres sont souvent plus compétitives en termes de coûts sur leur durée de vie que celles utilisant des combustibles conventionnels tels que le charbon, le gaz naturel et le pétrole. Le solaire photovoltaïque et l'éolien sont les options les moins coûteuses pour la nouvelle production d'énergie.
Cependant, la réalisation de ces avantages dépendrait de la capacité à débloquer des niveaux d'investissement initiaux plus élevés, en particulier dans les économies émergentes et en développement où les investissements dans l'énergie propre sont en retard en raison de risques perçus ou réels. Les subventions aux combustibles fossiles, qui s'élevaient à environ 620 milliards de dollars en 2023 - contre 70 milliards pour les investissements en énergie propre -, compliquent également la transition.
L'augmentation rapide des énergies renouvelables, comme le solaire et l'éolien, pourrait bénéficier aux consommateurs grâce à des coûts de fonctionnement plus bas et des prix de l'électricité moins volatils que ceux des produits pétroliers. Par ailleurs, d'ici 2035, l'électricité devrait surpasser le pétrole en tant que principale source de consommation finale.
Le rapport recommande une série de mesures pour rendre les technologies propres plus accessibles, notamment des programmes de rénovation énergétique pour les ménages à faible revenu, des subventions pour les appareils efficaces et le transport propre ainsi que la réaffectation des subventions aux combustibles fossiles vers des transferts monétaires ciblés pour les plus vulnérables. Enfin, il met en garde contre les risques potentiels, tels que les tensions géopolitiques et les cyberattaques, soulignant la nécessité d'investissements pour la sécurité numérique des systèmes énergétiques.
Lire le rapport (en anglais) : https://aeur.eu/f/cg9 (Nithya Paquiry)