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Bulletin Quotidien Europe N° 13351
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Plus de données sur l'ancrage de la trajectoire d'inflation sont nécessaires pour prendre une décision sur les taux directeurs, estime Christine Lagarde

La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a justifié, jeudi 15 février, la position du Conseil des gouverneurs de maintenir inchangés les principaux taux directeurs jusqu'à ce que l'objectif de stabilité des prix soit durablement atteint (EUROPE 13336/14).

« Nous sommes confiants dans le fait que le processus de désinflation se poursuive » et que la hausse de prix est en train de retrouver une trajectoire conforme à l'objectif de 2% à moyen terme, a déclaré Mme Lagarde lors du dernier dialogue monétaire avec la commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen sous la législature actuelle.

En réponse à des questions de Pedro Silva Pereira (S&D, portugais) et de Denis Nesci (CRE, italien), elle a indiqué que la BCE devait obtenir davantage de données lui permettant de conclure que la trajectoire observée est ancrée. Nous ne voulons pas prendre le risque que cette trajectoire s'inverse, car cela nous obligerait à prendre de nouvelles mesures, a-t-elle justifié.

Sur le calendrier, elle n'a pas souhaité s'avancer, se limitant à évoquer « la fin du printemps ou le début de l'été » pour une éventuelle décision de baisser les principaux taux directeurs.

UEM. Invitée à s'exprimer sur les 25 ans de la monnaie unique, la présidente de la BCE a rappelé les différentes phases de jeunesse de la BCE, qui a dû asseoir sa crédibilité et renforcer ses instruments monétaires pour affronter la crise de la dette souveraine ou la pandémie de Covid-19.

Selon elle, les Européens tirent trois bénéfices majeurs de l'euro : « la simplicité » liée à la circulation au sein d'une même zone monétaire, « la stabilité » avec une inflation en moyenne maintenue à hauteur de 2,1% depuis 1999 et « la souveraineté », parce que l'euro est devenue la deuxième monnaie de réserve dans le monde après le dollar américain. Répondant à une question de Martine Kemp (PPE, luxembourgeoise), elle a accueilli favorablement le débat sur l'adhésion à la zone euro ravivé en Suède et en République tchèque, alors que « la Bulgarie travaille très dur » pour intégrer l'Eurozone en 2025.

« Allez-vous faire des propositions pour approfondir l'union économique et monétaire ? », lui a demandé Dimitris Papadimoulis (La Gauche, grec). D'après Mme Lagarde, la zone euro s'est renforcée, mais elle serait mieux équipée face à une éventuelle crise financière si l'union bancaire était parachevée, à travers la création d'un système européen de garantie des dépôts (EDIS) (EUROPE 13349/24) et une intégration accrue des marchés de capitaux.

Sur l'Union des marchés de capitaux (UMC), l'ancienne directrice du FMI a rappelé ses précédentes propositions, telles que la création d'un gendarme boursier européen (EUROPE 13296/21) et la mise en chantier d'une UMC 'verte' focalisée sur le financement de la transition climatique (EUROPE 12751/3). 

Au nom du groupe Verts/ALE, le Belge Philippe Lamberts a apprécié le travail de la BCE dans la lutte contre le changement climatique, tout en estimant que l'institut monétaire pourrait faire beaucoup plus, notamment à travers sa politique d'acquisition d'actifs. « Nous demandons plus de garanties ('collateral') conformes à nos engagements climatiques, mais nous avons besoin de plus de données pour pénaliser les actifs 'bruns' », a considéré Mme Lagarde. 

À Michiel Hoogeveen (CRE, néerlandais), qui se demandait si cette politique était bien du ressort de la BCE, elle a souligné l'importance pour la politique monétaire de prendre en compte « tous les risques ». Et de mettre en garde contre l'émergence d'une situation où il devient difficile d'assurer certains risques, avec pour répercussion un impact négatif sur la capacité d'octroi de prêts du secteur bancaire.

Markus Ferber (PPE, allemand) a aussi interrogé Mme Lagarde sur la taille du bilan de l'institut de Francfort. Celle-ci a rappelé qu'au deuxième semestre 2024, la BCE mettra graduellement fin aux réinvestissements du capital généré par l'arrivée à maturité des titres acquis via le programme 'PEPP' activé pour affronter la pandémie de Covid-19. Dans les prochains mois, nous arrêterons un cadre opérationnel de gestion de nos actifs, a-t-elle indiqué, convaincue d'une réduction de la taille du bilan de la BCE. (Mathieu Bion)

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