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Bulletin Quotidien Europe N° 13351
SÉCURITÉ - DÉFENSE / Otan

Les Alliés renforcent leur soutien militaire à l’Ukraine

Le Secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a annoncé, jeudi 15 février, à l’issue de la réunion des ministres de la Défense des pays alliés, le renforcement du soutien militaire des Alliés à l’Ukraine. Les Alliés représentent 99% de l’aide militaire reçue par l’Ukraine.

Lors du Conseil OTAN/Ukraine, le ministre ukrainien, Roustem Oumerov, a informé les Alliés des derniers développements sur le terrain et les Alliés ont abordé l’importance de leur soutien continu, selon M. Stoltenberg. « Nous continuerons à être aux côtés de l’Ukraine, pour la sécurité de l’Ukraine et pour la nôtre », a-t-il promis une nouvelle fois.

« Aujourd’hui, nous avons décidé de créer un nouveau Centre conjoint OTAN/Ukraine d’analyse, de formation et d’éducation à Bydgoszcz, en Pologne. Cela permettra à l’Ukraine de partager les leçons tirées de la guerre russe et cela créera une structure permettant aux forces ukrainiennes d’apprendre et de s’entraîner aux côtés de leurs homologues alliés », a annoncé le Secrétaire général, tout en reconnaissant que de nombreux détails devaient encore être décidés. Il a précisé que la mise en œuvre de cette décision se ferait dans les semaines et mois à venir, espérant une décision finale des chefs d'État ou de gouvernement des Alliés lors de leur sommet du 9 au 11 juillet à Washington. 

Le Secrétaire général a également rappelé les dernières annonces d’Alliés, notamment des nouveaux programmes d’aide du Canada, de la Finlande et de la Norvège, « couvrant des capacités clés telles que l’équipement et les pièces de rechange du F-16, ainsi que la défense aérienne ».

À l’occasion de la réunion du Groupe de contact pour la défense de l’Ukraine du 14 février, les ministres allemand, français, danois et belge ont lancé la coalition en soutien de la défense aérienne de l’Ukraine.

De plus, selon M. Stoltenberg, un groupe d’Alliés se réunit dans le but de livrer un million de drones à l’Ukraine, et vingt Alliés ont également convenu de former une coalition de déminage. Des annonces supplémentaires pourraient être faites à l’occasion de la visite du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, vendredi 16 février, en Allemagne et en France. À Paris, ce dernier signera un accord de sécurité avec son homologue, Emmanuel Macron.

« Nous sommes dans une phase critique, le printemps arrive et l’Ukraine a besoin d’un signal de ses pairs », avait souligné le ministre estonien, Hanno Pevkur, le 14 février.

À son arrivée à la ministérielle, le Secrétaire général de l’OTAN avait estimé que l’incapacité des États-Unis de voter un nouveau paquet de soutien à l’Ukraine avait déjà un impact sur le terrain. « Nous voyons déjà l'impact du fait que les États-Unis n'ont pas été capables de prendre une décision », avait-il souligné alors que, la veille, le conseiller américain à la sécurité nationale, Jake Sullivan, avait annoncé « entendre de plus en plus souvent que l'armée ukrainienne rationne les munitions, voire en manque sur le front ».

L’augmentation de la production de munitions a d’ailleurs fait l’objet d’une discussion entre Alliés. « Nous devons passer du rythme lent du temps de paix au rythme de production élevé exigé par le conflit », a mis en avant M. Stoltenberg, précisant que, pour ce faire, les fabricants avaient besoin de contrats signés.

Le Haut Représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Josep Borrell, a prévenu qu’au sein de l’UE, il faut « convaincre tous les États membres d’augmenter leurs approvisionnements en armes et de développer (leur) capacité industrielle ». « C'est urgent. Nous devons continuer à fournir des munitions », a-t-il insisté.

Au-delà du soutien à l’Ukraine, les Alliés ont « accéléré les travaux visant à doter nos nouveaux plans de défense et à renforcer notre base industrielle de défense transatlantique », selon M. Stoltenberg. Précisant que ces objectifs nécessitaient des investissements, il a rappelé que les Alliés avaient progressé dans leurs efforts budgétaires en faveur de la défense (EUROPE 13350/20). 18 Alliés devraient y consacrer cette année 2% de leur PIB national.

Le ministre français des Armées, Sebastien Lecornu, a annoncé que la France atteindra l’objectif des 2% cette année. Jusqu’à présent, le respect des 2% était annoncé pour 2025. « La vraie question, maintenant, ce n'est pas tant d'obtenir ces 2%. (...) C'est de faire en sorte, évidemment, que ces 2% du PIB soient véritablement utiles sur le terrain militaire », a-t-il ajouté. Il a également rappelé que la France dépensait 30% dans les investissements dans les équipements, quand les indicateurs de l’OTAN sont à 20%. (Camille-Cerise Gessant)

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