À la veille d’une réunion des ministres de la Défense de l’OTAN, le secrétaire général de l’Alliance, Jens Stoltenberg, a annoncé s’attendre à ce que « 18 Alliés consacrent 2% de leur PIB à la défense » en 2024.
« Il s'agit d'un chiffre record. Et six fois plus qu'en 2014, où seuls trois Alliés avaient atteint cet objectif », s’est félicité le secrétaire général. En 2014, les Alliés s’étaient engagés à dépenser 2% de leur PIB en défense d’ici 2024.
M. Stoltenberg a aussi annoncé que, depuis 2014, les Alliés européens et le Canada avaient ajouté plus de 600 milliards de dollars américains pour la défense et que, l’an dernier, ils avaient enregistré une hausse sans précédent de 11% dans leurs dépenses. « En 2024, les Alliés de l'OTAN en Europe investiront un total combiné de 380 milliards de dollars dans la défense. Pour la première fois, cela représente 2% de leur PIB combiné », a ajouté M. Stoltenberg, alors que Donald Trump a menacé de ne pas défendre les Alliés qui ne dépenseraient pas assez en défense.
Interrogé sur ces remarques, le secrétaire général a rappelé qu’une attaque contre un Allié déclenchera une réponse de l'ensemble de l'Alliance. « Tant que nous nous en tenons à ce message, nous empêchons toute attaque militaire », a-t-il prévenu, ajoutant que toute déclaration selon laquelle l'OTAN ne protégera pas les autres pays portait atteinte à la sécurité de l'ensemble de l'Alliance. « Nous ne devons pas affaiblir la capacité de dissuasion de l'OTAN. Il s'agit de la capacité, mais aussi de la manière dont nous communiquons. Nous ne devons laisser aucune place à Moscou quant à la volonté d'empêcher toute attaque contre un Allié », a insisté M. Stoltenberg.
Mardi 13 février, l’ambassadrice américaine auprès de l’OTAN, Julianne Smith, avait dénoncé les commentaires de M. Trump. « Encourager le Kremlin à attaquer un allié de l'OTAN ou un territoire de l'Alliance met nos soldats, les soldats américains et les soldats de nos alliés en plus grand danger. Faire ce genre de déclaration est dangereux et, franchement, irresponsable », avait-elle expliqué à la presse.
Au-delà du partage du fardeau, les ministres devraient discuter de l’augmentation de la production de munitions.
Ils examineront également les progrès réalisés en matière de ressources complètes pour nos nouveaux plans de défense. « À l’heure actuelle, nous testons ces plans dans le cadre de l’exercice Steadfast Defender », a expliqué M. Stoltenberg.
La ministérielle sera suivie d’une réunion du Conseil OTAN-Ukraine. Ce mercredi, les ministres des pays alliés et des pays partenaires ont tenu une réunion virtuelle du Groupe de contact pour la défense en Ukraine, présidée par le secrétaire d’État américain à la Défense, Lloyd Austin, sorti de l’hôpital.
« Nous continuons d'aider l'Ukraine à se rapprocher des normes de l'OTAN dans tous les domaines, depuis les achats jusqu'à la logistique », a promis M. Stoltenberg, rappelant que 99% du soutien militaire à l'Ukraine provenait des Alliés de l'OTAN et de la Suède.
Plus tôt dans la journée, au Parlement européen, le secrétaire adjoint de l’OTAN, Mircea Geoană, avait estimé que les Alliés avaient « sans doute fait l’erreur d'être un peu trop optimistes sur les chances des Ukrainiens pendant la contre-offensive et (qu'ils devaient) maintenant lutter contre un trop-plein de pessimisme ». « Dans les deux cas, on n’a pas réussi à identifier la réalité. Ni l’Ukraine ni la Russie n’ont suffisamment de forces pour faire une percée majeure », a-t-il ajouté.
M. Stoltenberg a précisé qu’il fallait que les Alliés, pour pouvoir livrer des munitions à court terme à l’Ukraine, puisent dans leurs stocks et en achètent à l’étranger. En parallèle, il faut augmenter la production et la capacité de production, selon le secrétaire général, qui a salué le lancement par l’Allemagne de la construction d’une nouvelle usine de munitions en Basse-Saxe, qui, à pleine capacité, produira environ 200 000 obus d’artillerie par an. Pour Mircea Geoană, les entreprises de défense, au delà des problèmes financiers ou de normalisation, ont un souci de main d’œuvre. « C’est une industrie spécialisée, il faut des prêts, mais aussi former la main-d’œuvre du secteur », avait-il ajouté devant les eurodéputés. (Camille-Cerise Gessant)