La présidente de la Banque centrale européenne (BCE), Christine Lagarde, a exhorté l'Union européenne, mardi 29 juin, à mettre en chantier « une union des marchés de capitaux 'verts' » pour financer les transitions écologique et numérique.
Nous devons faire correspondre le Plan de relance post-pandémie Next Generation EU à « un marché européen des capitaux véritablement vert qui transcende les frontières nationales », a déclaré Mme Lagarde lors du Brussels Economic Forum.
Notant la capacité de l'industrie non bancaire à innover dans la création d'instruments financiers, elle a rappelé que 60% des obligations 'vertes', senior et non garanties, avaient été émises dans l'UE en 2020, un marché dont la taille a été multipliée par huit depuis 2015. L'ancienne directrice du FMI a aussi noté que l'euro représente la monnaie internationale la plus utilisée dans la finance durable, à hauteur de 50% de toutes les obligations 'vertes' émises l'année dernière.
Alors que le parachèvement de l'union des marchés de capitaux (UMC) prendra du temps, Mme Lagarde est convaincue que bâtir une UMC 'verte' sera plus rapide en raison de l'échelle paneuropéenne déjà pratiquée pour ce segment de marché. Pour accélérer ce processus, elle a préconisé une supervision européenne des produits de la finance durable grâce à un travail de normalisation, une harmonisation du traitement fiscal de ces produits ainsi qu'une convergence des régimes nationaux d'insolvabilité.
Début juillet, la Commission devrait proposer la définition d'une norme européenne volontaire sur les obligations ‘vertes’ (EUROPE 12745/8). (Mathieu Bion)