Comment améliorer la qualité de la vie dans les zones rurales de l’UE, y stimuler la croissance économique et « créer de nouvelles opportunités » pour ceux qui les habitent ?
La Commission européenne s’est penchée sur ces questions et présentera ses éléments de réponse dans une communication qui devrait être adoptée mercredi 30 juin par le Collège des commissaires.
Selon une version provisoire du document obtenue par EUROPE, cette communication détaillera essentiellement les actions à envisager pour faire des zones rurales européennes des espaces « plus forts, connectés, résilients et prospères » à l’horizon 2040.
Il s’agit là d’une « première étape », puisque le document sera complété par un Pacte rural et un plan d’action européen dédié. Car la situation dans ces zones rurales européennes – qui représentent près de 30% de la population de l’UE et plus de 80% de son territoire – suscite des préoccupations.
Beaucoup de « défis », quelques « opportunités »
« De nombreux Européens s'inquiètent de l'érosion des infrastructures rurales et de la fourniture de services, notamment l'accès aux soins de santé, aux services sociaux et à l'éducation ainsi qu'aux services postaux et bancaires. D'autres s'inquiètent de la diminution des possibilités d'emploi et de la baisse éventuelle des revenus dans les zones rurales », résume la Commission dans sa communication.
Près de 40% des personnes ayant répondu à la consultation publique organisée sur le sujet « ont déclaré se sentir laissées pour compte par la société et les décideurs politiques », précise-t-elle par ailleurs.
L'institution évoque le vieillissement et la diminution de la population rurale, le taux élevé de chômage des jeunes et celui toujours faible de l’accès à l’enseignement supérieur. Sur ce point, l’écart entre les zones rurales et les villes a augmenté, passant de 17% en 2012 à 19% en 2019, précise-t-elle.
Elle rappelle en outre que le produit intérieur brut par habitant des régions rurales était encore considérablement inférieur à la moyenne européenne en 2018.
Sans compter les défis spécifiques émergents liés au changement climatique, insiste la Commission : l'agriculture et la sylviculture sont plus vulnérables que les activités économiques urbaines à des événements climatiques défavorables, détaille-t-elle.
L’accent, toutefois, est également mis sur quelques constats plus positifs, présentés comme des « opportunités ». La Commission évoque notamment l’« attention accrue » portée à l’atténuation du changement climatique, le regain d’attention pour les zones rurales comme « lieux de bien-être » ou encore les opportunités de « renouvellement social et économique » permises par les avancées numériques ou l’économie verte.
S’appuyant sur cet état des lieux, elle identifie quatre grands objectifs ainsi qu'une série d'outils qui devraient être précisés dans son plan d’action à venir.
Améliorer l’attractivité, la connectivité, la résilience
Premier objectif : veiller à ce que les zones rurales soient des endroits attrayants pour vivre et travailler. La Commission prône à cet égard l’établissement d’un niveau minimum de services publics.
Par ailleurs, elle devrait s’engager à promouvoir des activités de recherche axées sur le milieu rural et à créer une plateforme d’information sur les possibilités de financement de projets permettant d’améliorer la fourniture de services dans ces territoires.
Deuxième objectif identifié : assurer une bonne connexion entre les zones rurales et avec les zones périurbaines et urbaines en améliorant les infrastructures de transport et les services de transport public principalement. Mais également en permettant un accès étendu à la 5G.
Les troisième et quatrième objectifs vers lesquels la Commission estime qu’il faudra tendre sont « la résilience environnementale, climatique et sociale des zones rurales », d’une part, et leur « diversification économique », d’autre part.
Sur ce dernier point, elle devrait proposer une série d'actions, y compris des activités de financement de la recherche, là aussi en accordant une attention particulière aux petites et moyennes entreprises installées dans les zones rurales, précise-t-elle.
Dans le cadre de cette communication, enfin, la création d’un « observatoire rural » devrait être annoncée. EUROPE y reviendra. (Agathe Cherki avec Pascal Hansens)