login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13336
Sommaire Publication complète Par article 14 / 42
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / Bce

Les taux directeurs resteront inchangés jusqu'à ce que l'objectif de stabilité des prix soit durablement atteint, affirme Christine Lagarde

Sans surprise, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé, jeudi 25 janvier, lors de sa réunion de politique monétaire à Francfort, de maintenir les trois taux d’intérêt directeurs de la BCE inchangés. Le taux d’intérêt des opérations principales de refinancement demeure donc à 4,50%, le taux de la facilité de prêt marginal à 4,75%, et celui de la facilité de dépôt demeure au niveau historique depuis la création de l’euro, à 4,00%.

Christine Lagarde, la Présidente de la BCE, a souligné que le processus de désinflation était à l’œuvre.

Selon la Présidente, les informations disponibles confirment les prévisions de l’Eurosystème, qui affichait des perspectives d’inflation à la baisse, en dépit d'une récente tendance et d'une légère hausse en décembre (EUROPE 13322/16) attendue par les équipes de l’Eurosystème (EUROPE 13314/11), qui s'est matérialisée de manière plus faible qu’anticipé et causée par un effet de base « largement attribuable aux mesures allemandes ».

Cependant, la Présidente a souligné, en évoquant l'inflation sous-jacente, que l'inflation domestique semblait toujours résister à ces baisses.

Vers une baisse des taux ?

Christine Lagarde a affirmé qu’il y a eu un consensus à la table du Conseil des gouverneurs quant au caractère prématuré d'une discussion sur une baisse des taux.

Sans pour autant fournir d'orientations (forward guidance), elle a indiqué : « Nous sommes donc engagés dans un processus de désinflation. Il fonctionne, mais nous devons être plus avancés dans ce processus pour être sûrs que l'inflation atteindra durablement l'objectif fixé ».

Un autre point a fait consensus, selon la Présidente : la volonté d'être dépendants des données pour les prochaines décisions de politique monétaire plutôt que d’un calendrier.

La Présidente a cependant confirmé qu'elle maintenait ses déclarations effectuées au Forum économique mondial de Davos, au micro de Bloomberg TV, où elle estimait probables des baisses des taux pour cet été, plus tardivement d'ailleurs que ne l’attendaient les marchés.

Facteurs macroéconomiques

L’économie européenne aura probablement stagné fin 2023. Sans vouloir catégoriquement la qualifier de récession, la Présidente a indiqué que la BCE reconnaissait la faiblesse de la croissance européenne et le risque qui pesait sur cette réalité.

Par ailleurs, la Présidente a également indiqué que, sans vouloir parler de goulots d’étranglement sur les chaînes d’approvisionnement, on observait une hausse des coûts et des délais de transports.

Pour la Présidente, les observateurs estiment que cela aura un impact modéré, mais la BCE restera attentive aux développements, notamment en mer Rouge. Si le conflit dans la région se développait davantage, cela causerait un risque supplémentaire.

Données examinées pour la prise de décision et, notamment, les données concernant l'emploi

La Présidente a souligné que, lors de l'examen des données disponibles, il n’y avait pas de fixation sur les seuls salaires, mais que ceux-ci avaient leur importance, en raison de leur contribution à la formation des prix des services. Or, les services constituent l’un des secteurs où les pressions inflationnistes se montrent les plus persistantes.

Bien que les hausses des salaires maintiennent les prix à des niveaux élevés, la BCE n'entrevoit pas d'effets de second tour (second round effects), qui se matérialiseraient par une spirale où les hausses des salaires alimenteraient l'inflation.

Christine Lagarde a rappelé que le scénario de base de l'Eurosystème était que les augmentations des salaires seraient progressivement absorbées au fil du temps par une réduction progressive des marges unitaires des entreprises, notamment en raison d'une demande en baisse liée en partie à la politique restrictive de la BCE, selon elle. « Et c'est exactement ce que nous constatons », a déclaré Mme Lagarde.

De même, la BCE table sur l’effet conjugué de ce phénomène de rattrapage pour les employés et d'une baisse de l’inflation pour réactiver un pouvoir d'achat qui, à son tour, alimenterait une reprise de la croissance en 2024.

La présidente a indiqué que le marché de l’emploi restait tendu, même si l'indicateur des salaires de la BCE (wage tracker) indique un fléchissement du nombre d’offres d’emploi.

En dehors de ces données qui concernent l'emploi, la Présidente a également insisté sur l'importance d'un large spectre d'indicateurs, incluant les données concernant les politiques budgétaires. Les prix de l'énergie, de nature volatile, continueront à demeurer extrêmement pertinents.

Transmission de la politique monétaire

En outre, la BCE estime que sa politique monétaire restrictive continue de se répercuter sur les conditions de financement et de freiner la demande. Les taux d'intérêt des prêts aux entreprises ont légèrement baissé, pour atteindre 5,2% en novembre. Les taux d'intérêt des prêts hypothécaires ont augmenté, pour atteindre 4,0%.

Sondage

La présidente Lagarde, interrogée sur le récent sondage publié par le syndicat IPSO (EUROPE 13334/26), a souligné que la BCE menait des enquêtes internes, d'une manière qu’elle a qualifiée de « très techniquement éprouvée, à laquelle nous pouvons nous fier », insistant sur les réponses positives de l’équipe et sur les hauts degrés de satisfaction affichés par les employés dans ces enquêtes concernant leur travail au sein de la Banque centrale.

« En ce qui me concerne, je n'ai aucune importance tant que je dirige cette institution composée de personnes, pas seulement d'économistes, talentueuses, qui ont à cœur de faire leur travail et d'apporter des résultats », a-t-elle affirmé.

Taux d'intérêt neutre

Interrogée sur le taux neutre (neutral rate), la présidente a estimé qu'un tel taux ne sera connu que lorsque l’on y sera parvenu. Isabel Schnabel, membre du directoire de la BCE, lors d’une session de questions-réponses en janvier (EUROPE 13325/13), avait été prudente également sur ce point, mais elle avait estimé qu’un tel taux pourrait se révéler un peu plus élevé qu’avant la pandémie de Covid-19, en raison notamment des investissements nécessaires aux transitions vertes et numériques ainsi qu’aux mouvements géopolitiques.

Cadre opérationnel de politique monétaire

Enfin, Christine Lagarde a indiqué que les travaux sur le cadre opérationnel avançaient et devraient être terminés pour la fin du printemps.

Lien vers les décisions : https://aeur.eu/f/akv (Émilie Vanderhulst)

Sommaire

POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
SOCIAL
INSTITUTIONNEL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ÉDUCATION - JEUNESSE - CULTURE - SPORT
CONSEIL DE L'EUROPE
COUR DE JUSTICE DE L'UE
ACTION EXTÉRIEURE
BRÈVES