Le 24 janvier à Strasbourg, l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe a refusé de ratifier les pouvoirs de la délégation azerbaïdjanaise, suspendant ainsi, notamment, le droit de vote de ses 12 représentants nationaux.
L’Azerbaïdjan reste toutefois membre « à part entière » du Conseil de l’Europe, a-t-il été précisé dans un communiqué publié après le vote.
Adoptée par 76 voix contre 10 et 4 abstentions, la résolution officialisant cette non-ratification s’appuie sur le fait que « plus de 20 ans après son adhésion au Conseil de l’Europe, l’Azerbaïdjan n’a toujours pas tenu ses engagements majeurs en découlant ».
Sont mentionnés : les inquiétudes qui subsistent sur sa capacité à organiser des élections libres et indépendantes, la faiblesse du législatif par rapport à l’exécutif, le nombre d’arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme et d’avis de la Commission de Venise non pris en compte, les menaces pesant sur les journalistes, le nombre de prisonniers politiques, le refus de coopération avec la Commission de suivi de l’Assemblée, etc.
La résolution insiste également sur le Haut-Karabakh et constate que Bakou a refusé de reconnaître les « très graves conséquences humanitaires et en matière de droits humains » découlant du blocage du corridor de Latchine reliant cette région à l’Arménie.
Elle mentionne également les allégations de « nettoyage ethnique » auxquelles fait face l’Azerbaïdjan après son opération militaire de septembre 2023.
Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue du vote, la délégation azerbaïdjanaise s’est insurgée contre « l’atmosphère insupportable actuelle de racisme, d’azerbaïdjanophobie et d’islamophobie » au sein d’une Assemblée « utilisée comme plateforme pour cibler certains États membres ».
Elle a décidé de quitter les lieux « jusqu’à nouvel ordre ».
Lien vers la résolution : https://aeur.eu/f/akq (Véronique Leblanc)