Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne, s'est prêtée, mercredi 10 janvier, à l’exercice « Ask ECB » en répondant à des questions de citoyens sur la plateforme X (anciennement Twitter).
Isabel Schnabel a indiqué qu'il était trop tôt pour discuter de baisses de taux directeurs et que la BCE maintiendrait ses taux à des niveaux restrictifs jusqu'à ce qu'elle ait l’assurance que l'inflation revient durablement à l'objectif de 2%. Comme la présidente Christine Lagarde l'avait indiqué (EUROPE 13314/11), Mme Schnabel a estimé elle aussi que des données supplémentaires confirmant le processus de désinflation seraient nécessaires.
D'autre part, elle a souligné que la politique monétaire de la BCE fonctionnait avec un décalage et que, si le Conseil des gouverneurs relevait « trop fortement les taux, cela pourrait conduire à une sous-estimation de l'inflation à moyen terme et à un ralentissement inutilement fort de l’économie ».
Mme Schnabel a également indiqué qu'en raison de l'assouplissement attendu de la politique monétaire, les conditions financières s’étaient récemment assouplies plutôt que resserrées.
L’économiste a ajouté que les tensions géopolitiques constituent un risque à la hausse pour l’inflation et qu’il convenait de rester vigilants.
Interrogée sur une possibilité de taux différenciés « verts » - une option évoquée par Emmanuel Macron et plusieurs signataires (EUROPE B13318B17) -, Isabel Schnabel a indiqué que les efforts devaient être poursuivis pour rendre les opérations de prêts plus écologiques, notamment en ce qui concerne le cadre des garanties. Elle a estimé que des opérations de prêt ciblées vertes « pourraient être envisagées lorsque la politique monétaire redeviendra expansionniste ».
Mme Schnabel a estimé très improbable que la BCE achète un jour des Bitcoins, indiquant que cet actif spéculatif ne répondait pas aux critères pour les réserves de change.
Enfin, l'économiste a souligné que les nouvelles règles budgétaires européennes allaient dans la bonne direction, mais manquaient d’une capacité budgétaire centrale.
Plus globalement, Mme Schnabel a ajouté que des étapes supplémentaires dans l’intégration européenne bénéficieraient à la politique monétaire unique.
Plus d'informations : https://aeur.eu/f/ac3 (Émilie Vanderhulst)