Le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, sont arrivés à Pékin, mercredi 6 décembre, pour le premier sommet UE-Chine en quatre ans.
Celui-ci vise à approfondir et améliorer les relations bilatérales en matière d’économie et de commerce (EUROPE 13290/15), mais également à échanger sur les défis géopolitiques et mondiaux, tels que la guerre d’agression russe en Ukraine, le conflit au Proche-Orient ou la sécurité dans la région indopacifique. La lutte contre le changement climatique et la préparation aux éventuelles nouvelles pandémies sont aussi des points à l'agenda des discussions.
M. Michel et Mme von der Leyen auront un entretien avec le président Xi Jinping dans la matinée du 7 décembre, suivi d’un échange avec le Premier ministre chinois, Li Qiang, dans l’après-midi.
Ces discussions font suite à une série de dialogues sur des thématiques sectorielles sur les droits humains, l’environnement, le climat, le numérique et le commerce ainsi qu'au dialogue stratégique avec le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell (EUROPE 13271/3), en octobre dernier.
Relations commerciales
La Chine et l'Union européenne partagent une relation commerciale d'importance, mais qui se présente aujourd'hui au désavantage de l'UE : les pays membres enregistrent un déficit cumulé de 319 milliards d'euros à l'égard de Pékin.
Cette rencontre a pour objectif de faire valoir les intérêts européens, dans une période ou l'Union cherche à réduire ses 'dépendances stratégiques', à diversifier ses sources d'approvisionnement et à sécuriser son apport en matériaux essentiels pour assurer sa transition verte et numérique.
Un enjeu de taille, qui s'est traduit par plusieurs décisions venues de la Commission, notamment sur le plan de la sécurité économique (EUROPE 13290/15) et des sanctions envers des pratiques commerciales jugées déloyales (EUROPE 13264/21).
Il s'agit « d'aborder et de résoudre les déséquilibres de notre relation » avec la Chine, selon un haut fonctionnaire européen, tout en assurant que ces actions récentes « ne ciblent pas un seul et même pays », mais plutôt un ensemble de 'faiblesses' européennes.
Les représentants européens doivent également aborder le sujet des investissements européens en Chine, devenus plus difficiles à cause des restrictions imposées par Pékin sur les entreprises venues de l'UE.
Aucune déclaration commune ne sera adoptée à la fin de ce sommet. Les deux parties doivent publier chacune de son côté ses propres conclusions, comme c'est le cas lors des rencontres avec la Chine.
Défis géopolitiques
Lors de ce sommet, l’UE rappellera sa position à l’égard de la guerre d’agression russe en Ukraine et demandera une nouvelle fois à la Chine d’user de son influence pour faire pression sur la Russie afin qu’elle retire ses troupes d’Ukraine.
Il sera également question pour l’UE de demander à la Chine d’empêcher les tentatives de la Russie de contourner ou de contrer les effets des sanctions.
Le président du Conseil européen devrait également soulever la question du soutien de la Corée du Nord à la Russie.
À ce sujet, « je pense que le message de la Chine sera 'nous n'avons pas d'influence' sur la Corée du Nord », a expliqué un diplomate européen.
Concernant le conflit au Proche-Orient, ce sommet sera également l’occasion pour l’UE d’encourager ses partenaires chinois à accroître leur soutien humanitaire aux Palestiniens et à discuter ensemble de l’engagement diplomatique pour mener à la paix dans la région.
Droits humains et changement climatique
Il est attendu que M. Michel soulève la question du sort de la minorité musulmane ouïgour dans la région du Xinjiang, ainsi que celle d'Européens emprisonnés en Chine.
Dans le cadre du sommet de la COP28 (voir autre nouvelle), l’UE encouragera la Chine à prendre des mesures plus ambitieuses pour éliminer progressivement les combustibles fossiles et réduire les émissions de méthane. (Pauline Denys et Isalia Stieffatre)