Lors de sa deuxième journée de visite en Chine dans le cadre du dialogue stratégique UE-Chine (EUROPE 132710/17), vendredi 13 octobre, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a mis en avant « l’interdépendance conflictuelle » des liens entre l’UE et la Chine et l’importance de restaurer la confiance mutuelle qui a été « érodée ».
« Nous devons travailler pour reconstruire cette confiance », a-t-il déclaré lors d’un discours public à l’université de Pékin en insistant sur l’importance de la promotion des « échanges humains entre l’UE et la Chine ».
Relations commerciales déséquilibrées
Cette visite et rencontre avec le ministre des Affaires étrangères chinois, Yi Wang, a pour objectif de jeter les bases du sommet bilatéral qui aura lieu plus tard dans l’année et de défendre la stratégie européenne de « de-risking » (EUROPE 13213/2) vis-à-vis de son « partenaire et rival » sur le plan commercial.
« Nous faisons du commerce pour 2,3 milliards d’euros d’échanges par jour, ce qui profite aux deux parties, mais il faut être vigilant, car près de 95% de nos importations dans des secteurs clés pour la révolution digitale proviennent d'une seule et même source », a mis en garde M. Borrell. « Le concept de 'de-risking' consiste donc à diversifier nos fournisseurs ».
En mettant l’accent sur une relation commerciale « déséquilibrée », le chef de la diplomatie européenne a tenu à rappeler que les entreprises européennes rencontraient des difficultés persistantes pour accéder au marché chinois, dans un contexte où « les investissements européens en Chine sont au plus bas niveau depuis 2018 ».
Tensions géopolitiques
Concernant les tensions géopolitiques, M. Borrell a à nouveau évoqué son incompréhension concernant la position « ambivalente » de la Chine envers la Russie et sa guerre d’agression en Ukraine et lui a demandé d’utiliser son influence afin que la Russie revienne sur sa décision de se retirer de l'initiative céréalière de la mer Noire (EUROPE 13224/8).
Il a également rappelé l’importance de maintenir des canaux de communication ouverts et de prendre la voie d’une désescalade des tensions vis-à-vis de Taiwan.
Enfin, les échanges ont également porté sur les récentes attaques du Hamas en Israël (voir autre nouvelle).
Lors d’une conférence de presse commune, M. Borrell a explicitement condamné l’attaque du Hamas, tandis que M. Wang est resté sur la position que « la Chine condamnait toutes les attaques contre les civils et toute violation du droit international ».
Ce dernier a également attribué la cause de ce conflit à « une injustice historique » envers les Palestiniens, en déclarant qu'« Israël a le droit d'être un État et la Palestine a également le droit d'être un État, mais qui se préoccupera de la survie des Palestiniens ? La nation israélienne n'est plus déplacée dans le monde. Quand la nation palestinienne pourra-t-elle retourner dans sa patrie ? »
M. Borrell a indiqué que les deux parties s'étaient accordées sur le fait que la solution à deux États était la seule solution stable et que cela nécessitait un engagement de la part de la communauté internationale. (Pauline Denys)