Le commissaire européen pour l’Action pour le climat, Wopke Hoekstra, et la ministre espagnole de la transition écologique, Teresa Ribera, ont rappelé la position de l’Union européenne, mercredi 6 décembre, lors de la COP28 à Dubaï, et ce alors que quelque 200 pays négocient la question de l’avenir des énergies fossiles.
« Permettez-moi d’être encore une fois clair sur ma position, sur la position de l’Union européenne. Je veux que cette COP marque le début de la fin pour les énergies fossiles. Il s’agit d’un élément clé pour l’UE et pour notre mandat de négociation. Cela signifie que les 27 États membres de l’UE souhaitent que cela fasse partie du résultat négocié », a déclaré le commissaire Hoekstra devant la presse.
Attente de 'leadership' de la part du président de la COP
La dernière version du texte concernant les « questions relatives à l’inventaire mondial dans le cadre de l’Accord de Paris » qui servira de base de discussion en vue d’une adoption d’ici la fin de la COP28, le 12 décembre, reprend les diverses options soumises par les différents pays, dont celles concernant une éventuelle sortie des énergies fossiles.
Et de la sortie « ordonnée et juste » à une absence totale de mention dans le texte, ces alternatives sont encore toutes sur la table.
Interrogée sur les attentes de l’UE vis-à-vis du controversé président de la COP, le Sultan Al-Jaber, dans les négociations, la ministre Ribera a expliqué que l’UE ne s’attendait pas seulement à ce que le président soit « un médiateur honnête », mais qu’elle « attend(ait) du leadership » et « de faire en sorte que cette idée de faire de cette COP un véritable tournant dans cette décennie critique se concrétise ».
Intransigeance sur l'élimination des combustibles fossiles
Questionné sur le débat concernant la réduction des combustibles fossiles qui ne peuvent être atténués (« unabated ») (dont les émissions peuvent être maîtrisées et conservées grâce aux technologies de captage et de stockage du carbone) (EUROPE 13273/5), le commissaire Hoekstra a reconnu les difficultés rencontrées par certains secteurs pour réduire leurs émissions, mais est resté intransigeant sur le fait que « là où c'est possible, les entreprises ne peuvent pas simplement se débarrasser du problème en recourant à la capture et au stockage du carbone (CCS) ».
Et pour cause, il n'y a, selon lui, « pas de solution magique, pas d'alternative à l'élimination rapide et étendue des combustibles fossiles ».
Interrogations de pays importateurs sur le mécanisme d'ajustement aux frontières
Wopke Hoekstra a également été interrogé sur l'application du Mécanisme d'ajustement carbone aux Frontières (CBAM) (EUROPE 13164/12) aux pays qui importent dans l'UE. Selon lui, le CBAM est conçu pour « créer un terrain de jeu équitable et aider simultanément l'environnement et le climat ».
Cet instrument, dont la valeur totale serait, « d’ici 2030 », « d'environ 3 milliards d'euros » vise, ainsi que l’a rappelé M. Hoekstra, à garantir que les entreprises qui importent dans l'UE tiennent compte de la réduction du carbone, à l'instar des entreprises européennes. « C'est précisément la raison d'être de cet outil : les pays de l'UE vivent déjà selon cette règle, il s'agit simplement de garantir une égalité des conditions », a expliqué le commissaire.
En outre, ce dernier a insisté sur le fait que le CBAM n'est pas destiné à placer quiconque dans une position avantageuse ou désavantageuse, mais plutôt à « s'assurer qu'au sein de l'UE, les transactions se fassent toujours dans les mêmes conditions ». Par ailleurs, le commissaire européen a tenu à rassurer sur ce dernier point en affirmant que le CBAM ne devrait « intimider personne ». (Nithya Paquiry et Pauline Denys)