« Ce que nous proposons aujourd’hui n’est ni une nouvelle directive ni une nouvelle législation. C'est un défi et un message pour toute l'Europe ». C’est en ces termes que la vice-présidente de la Commission européenne chargée des Valeurs et de la Transparence, Věra Jourová, a présenté, mercredi 6 décembre, lors d’une conférence de presse avec le vice-président chargé de la promotion du Mode de vie européen, Margarítis Schinás, la communication de la Commission et du Haut Représentant de l'UE pour les Affaires étrangères dénommée « Pas de place pour la haine : une Europe unie contre la haine ».
Cet appel répond aux tourments d’une Europe de plus en plus divisée, à la suite des événements du 7 octobre au Proche-Orient, ainsi que l’a rappelé Mme Jourová. Témoin d'une recrudescence alarmante de discours et de crimes haineux, l’UE voit ainsi ses communautés juives et musulmanes particulièrement ciblées.
En réponse, la Commission tend à accentuer ses efforts dans divers domaines, dont la sécurité, le numérique, l'éducation, la culture et le sport. Un financement supplémentaire sera alloué pour la protection des lieux de culte.
Le Haut Représentant de l'UE, Josep Borrell, de son côté, a souligné dans un communiqué l'importance de protéger et respecter toutes les personnes, indépendamment de leur religion, nationalité ou race. « Les conflits et la désinformation à travers le monde sèment les graines de la haine », a-t-il déclaré, rappelant la nécessité d'une action commune pour défendre les droits de l'homme.
La Commission s'engage également à renforcer la lutte contre la haine en ligne, en finalisant un code de conduite pour lutter contre les discours de haine illégaux et en améliorant la coopération avec diverses organisations et autorités. Les coordinateurs de la Commission pour l'antiracisme, la lutte contre l'antisémitisme et la haine anti-musulmane joueront un rôle clé, étant promus au rang d'envoyés pour maximiser l'efficacité des politiques de l'UE.
Mme Jourová a souligné la nécessité d'une action collective contre toutes les formes de haine et de racisme. « La haine ne mène qu'à une haine plus forte », a-t-elle déclaré, insistant sur l'importance de parler haut et fort au nom des valeurs fondamentales de l'UE.
Enfin, en 2024, comme l’a rappelé M. Schinás, la Commission organisera une conférence de haut niveau contre la haine, suivie de dialogues européens pour la réconciliation. Ces initiatives visent à construire des ponts entre les communautés fracturées et à renforcer la devise de l'UE : « Unis dans la diversité ».
Le message est clair : il est essentiel de combattre la haine pour préserver l'âme de l'Europe. « On espère qu’avec cette communication, le débat sera accéléré au niveau ministériel », a déclaré le vice-président chargé de la promotion du Mode de vie européen, rappelant par ailleurs que les ministres européens étaient déjà « pleinement impliqués ». (Nithya Paquiry)