L'Union européenne doit « rééquilibrer » sa relation avec la Chine, sans la réduire à « un choix binaire entre ami ou ennemi », a déclaré Thierry Breton, le commissaire européen au Marché intérieur, depuis Pékin, où il était en visite vendredi 10 novembre.
Selon ses propres mots, les discussions avec les représentants chinois ont été « productives », même si « difficiles sur certains aspects ».
C'est le deuxième haut officiel européen à fouler le sol chinois en deux mois : le Haut Représentant pour les Affaires étrangères, Josep Borrell, s'est rendu sur place en octobre (EUROPE 13271/3), déjà pour parler des intérêts économiques européens et de la relation « d'interdépendance conflictuelle » qui lie les deux régions du globe.
D'après plusieurs sources diplomatiques, ces différentes visites préparent le prochain sommet entre l'UE et la Chine, qui devrait se tenir les 7 et 8 décembre prochains.
Durcir le ton sans hausser la voix
« Il n'est que juste que nous voulions préserver des conditions de concurrence équitables, le contrôle effectif de nos entreprises et, bien sûr, notre sécurité d'approvisionnement. En d'autres termes, être ouverts, à nos conditions », a déclaré le commissaire européen, défendant ainsi la nouvelle stratégie de sécurité économique européenne (EUROPE 13205/7).
Navigant sur la même ligne fine que Josep Borrell quelques semaines auparavant, Thierry Breton a tenu à rappeler à Pékin que, loin de se tourner vers du protectionnisme, l'Europe cherchait au contraire à être « acteur de sa propre sécurité et non un simple suiveur de la décision des autres ».
La dépendance de l'Union à l'égard de certains marchés chinois reste un « risque » qui doit être « atténué », pour le commissaire. « Cependant, il n'est pas anormal que l'UE et la Chine agissent différemment en fonction de leurs intérêts respectifs en matière de sécurité. Cela ne signifie pas que nous devons être conflictuels », a-t-il réitéré.
Voir le discours : https://aeur.eu/f/9in (Isalia Stieffatre)