Les ministres européens de la Défense débattront, mardi 14 novembre, lors de leur Conseil à Bruxelles, du soutien de l’UE à l’Ukraine, au lendemain de la réunion de leurs homologues des Affaires étrangères, qui se penchera aussi sur le sujet.
Les ministres s’entretiendront par visioconférence avec leur homologue Rustem Umerov et devraient se pencher sur les engagements de sécurité que l’UE peut apporter à Kiev. Le Conseil européen a demandé, fin octobre, au Haut Représentant de l'UE de revenir vers lui en décembre sur ce sujet.
« L’objectif de la discussion est de passer en revue tous les engagements, de voir comment avancer ensemble et ce que bilatéralement chaque État membre a fait et fait avec Ukraine pour venir avec une offre globale à la fois d’efforts européens et bilatéraux », a précisé un diplomate européen vendredi 10 novembre.
Les engagements de sécurité pourraient notamment porter sur un soutien spécifique de l’UE dans le cadre de la 'Facilité européenne pour la Paix' (FEP). Si le Haut Représentant avait initialement parlé de 20 milliards d'euros sur quatre ans, vendredi, un haut fonctionnaire européen rappelait que, récemment, aucun chiffre n’avait été mentionné. « Nous voulons sécuriser un accord pour avoir une enveloppe dédiée à l’Ukraine dans l'enveloppe FEP, le chiffre sera décidé dans une deuxième étape », a-t-il expliqué.
Un diplomate a précisé que la nature des besoins pouvait être de nature à évoluer sur les quatre ans et que le chiffre de 20 milliards était « un niveau d’engagement conséquent qui mérite réflexion ».
Les ministres pourraient également discuter de la 8e tranche d’aide à l'Ukraine de la 'Facilité européenne pour la Paix', de 500 millions, qui fait toujours l’objet d’un blocage hongrois.
Le Conseil pourrait en outre faire le point sur l’Acte législatif de soutien à la production de munitions pour livrer à l’Ukraine un million de munitions d’ici fin mars 2024. Selon un haut fonctionnaire européen, 300 000 pièces d’artillerie ont déjà été livrées.
Interrogé sur la lenteur du processus, un haut fonctionnaire européen a estimé qu’il était connu, dès le début, que l’objectif était ambitieux. Il a ajouté qu’il était trop tôt pour dire si l’objectif serait ou non atteint, mais, selon plusieurs diplomates européens, cela sera difficile.
L’avenir de la mission d'assistance militaire EUMAM pourrait également être abordé. « EUMAM fonctionne, on a rempli l’objectif de 30 000 hommes formés, il y en a 10 000 de plus en cours », a résumé le haut fonctionnaire européen. Selon lui, les Européens vont mettre l’accent sur la formation spécialisée, la maintenance des appareils sur les postes de commandement et peuvent être également sur le pilotage d’avions de chasse. EUMAM va aussi prendre en charge la formation de services de sécurité de l’intérieur, dès lors qu’ils sont placés sous l’autorité de l’armée ukrainienne.
L’aide au déminage pourrait aussi être évoquée, alors que l'Ukraine serait le pays le plus miné au monde.
Force de déploiement rapide. Lors de leur déjeuner, les ministres devraient s’entretenir sur la force de déploiement rapide, quelques jours après le premier exercice LIVEX (EUROPE 13273/33).
PSDC. Comme à son habitude, le Conseil devrait faire le point sur les missions et opérations de politique de sécurité et de défense commune de l’UE. Il pourrait notamment discuter des missions dans le Sahel, alors que le Conseil européen d’octobre a invité le Haut Représentant et la Commission à présenter des options pour adapter l'action de l'UE et les instruments pertinents à la situation actuelle dans la région.
OTAN. Le Conseil sera précédé par un petit déjeuner informel avec le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, en particulier pour discuter de la résilience des infrastructures critiques, notamment énergétiques et de télécommunications. M. Stoltenberg rendra visite au Collège des commissaires, mercredi 15 novembre.
EDA. Le petit déjeuner sera suivi de la réunion du comité directeur de l'Agence européenne de défense (EDA). Lors du comité directeur, les ministres devraient approuver les priorités de développement des capacités pour 2023 et discuter de leur mise en œuvre. Selon le Conseil, ce document servira de référence pour toutes les initiatives et tous les instruments de l'UE en matière de défense et aidera les États membres à s'adapter à tous les niveaux de guerre, en répondant aux besoins des opérations de haute intensité tout en fournissant les capacités requises pour soutenir les missions et les opérations de la PSDC et la future force de déploiement rapide.
Les ministres approuveront une déclaration commune sur l'accès de la base industrielle et technologique de défense au financement, en soulignant le rôle qu'elle joue dans la mise en œuvre de la politique étrangère et de sécurité commune.
Les ministres adopteront également le budget général 2024 ainsi que le tableau des effectifs de l'agence et son cadre de planification triennal. (Camille-Cerise Gessant)