Les ministres des Affaires étrangères des pays membres de l’Alliance se réuniront mardi 28 et mercredi 29 novembre à Bruxelles avec un agenda chargé : Proche-Orient, Russie/Ukraine, Chine, Balkans occidentaux et adhésion de la Suède à l’Alliance.
Moyen-Orient. Les Alliés discuteront de la situation au Moyen-Orient. Si l’OTAN « n’a jamais joué un rôle actif dans le conflit » au Proche-Orient, a rappelé le secrétaire général, Jens Soltenberg, lundi 27 novembre, les Alliés sont présents dans la région, notamment via la mission de renforcement des capacités en Irak, et s’inquiètent d’un possible embrasement. « Nous avons assisté à des attaques de drones et de roquettes contre des positions américaines en Syrie et en Irak ainsi que des attaques contre des navires commerciaux. Cela souligne le risque d'escalade. L'Iran doit maîtriser ses proxies », a-t-il prévenu.
Saluant la trêve en cours à Gaza, qui doit prendre fin ce mardi, le secrétaire général a appelé à sa prolongation, qui pourrait permettre d’apporter une « aide indispensable » à la population gazaouie et la libération d’autres otages. « Les souffrances que nous avons vues soulignent la nécessité d'une solution politique durable », a-t-il ajouté.
Russie. Les ministres se pencheront sur les actions déstabilisatrices de la Russie en Ukraine et au-delà, notamment les actions de déstabilisation des démocraties par des cyberattaques, de la désinformation, du chantage à l'énergie et même des migrations. La situation à la frontière entre la Russie et la Finlande pourrait ainsi être abordée.
Chine. La réunion portera également sur les défis sécuritaires représentés par la Chine. M. Stoltenberg s’est félicité des discussions récentes entre la Chine et les Alliés, alors que les dirigeants chinois et américain se sont rencontrés le 15 novembre. « La Chine n'est pas un adversaire, mais les actions de Pékin remettent en cause notre sécurité et nous devons travailler ensemble pour y répondre », a-t-il souligné.
Balkans occidentaux. En présence du Haut Représentant de l’UE, Josep Borrell, les Alliés discuteront de la situation dans les Balkans occidentaux, y compris des violences dans le nord du Kosovo, de la rhétorique de division et de sécession en Bosnie-Herzégovine « et des tentatives malveillantes de semer la discorde, y compris de la part de la Russie », a expliqué M. Stoltenberg, qui revient d’un voyage dans la région.
« Avec le Haut Représentant de l'UE, nous discuterons des moyens de renforcer la stabilité dans la région », a-t-il précisé, ajoutant que l'OTAN avait déjà envoyé 1 000 soldats supplémentaires au Kosovo et que l’Alliance étudiait une augmentation plus durable de son contingent de maintien de la paix. M. Stoltenberg a en outre appelé Belgrade et Pristina à reprendre le dialogue facilité par l'UE.
Ukraine. Mercredi se tiendra la première réunion du Conseil OTAN-Ukraine au niveau des ministres des Affaires étrangères, en présence de leur homologue ukrainien, Dmytro Kuleba.
Les Alliés devraient réaffirmer leur soutien à long terme de l'OTAN et adopteront des recommandations concernant les réformes prioritaires de l'Ukraine. « L’Ukraine est au milieu d’une guerre, la pleine adhésion (à l’OTAN) n’est pas possible, mais nous allons discuter de la manière de rapprocher l’Ukraine et l’OTAN », a souligné le secrétaire général.
Selon M. Stoltenberg, « l’Ukraine continue d'infliger de lourdes pertes à la Russie. Elle a repris 50% du territoire dont la Russie s'était emparée. Elle s’est imposée en tant que nation souveraine et indépendante. C'est une grande victoire pour l'Ukraine ». Il a estimé que, parallèlement, la Russie s'affaiblissait politiquement, économiquement et militairement.
Enfin, les ministres devraient discuter de l’adhésion de la Suède à l’OTAN. Se réjouissant du début du processus de ratification de l’adhésion par le Parlement turc, M. Stoltenberg a expliqué compter sur la Turquie et la Hongrie pour achever leur ratification dès que possible. (Camille-Cerise Gessant)