Un « choc de financement public », une « transformation absolue » du système financier mondial. Tels ont été les appels lancés respectivement par le chef de l’État français, Emmanuel Macron, et son homologue barbadienne, Mia Mottley, en ouverture du Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, mercredi 21 juin à Paris (EUROPE 13206/13).
Et pour cause, l'événement, qui a été organisé par le président français à la suite de l'initiative de Bridgetown, vise une refonte financière internationale pour un engagement économique accru, à la fois public et privé, afin de soutenir les pays vulnérables du sud face au défi climatique et à la pauvreté.
Pour répondre à cette problématique, les dirigeants mondiaux, des responsables d'organisations internationales, des représentants de la société civile, des fondations et du secteur privé se sont donné rendez-vous autour de multiples conférences et de six tables rondes.
Vers une action concertée. C’est au cours du panel consacré aux ‘partenariats pour une croissance verte’, que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a plaidé en faveur d’une action concertée. Elle a ainsi salué les initiatives phares tel que le programme d'investissements stratégiques de l’UE ‘Global Gateway’ (EUROPE 13082/10), qui prévoit un investissement de 300 milliards de dollars dans les projets durables des pays partenaires ou encore l’initiative pour la transition énergétique, ‘Just Energy Transition Partnership’, en soutien à l’Afrique du Sud.
La présidente de la Commission a en outre appelé à « séduire » les investisseurs privés dans les marchés émergents et les économies en développement. Elle a proposé de nouvelles initiatives relatives aux obligations vertes, selon elle « indispensables pour les tous pays, quels qu’ils soient », rappelant que l'accès aux marchés financiers et aux fonds de pension était nécessaire pour soutenir la transition vers une économie plus verte.
Pour une tarification du carbone. Enfin, Mme von der Leyen a mis en avant l'importance de la tarification du carbone et de la mise en place d’un système tel que celui pour l'échange de quotas d'émission de l'UE (EUROPE 13141/12), qui « pourrait générer des financements considérables ». La présidente de la Commission a ainsi encouragé la création de mécanismes de tarification du carbone dans les pays en développement, mettant en avant les bénéfices économiques et environnementaux qui en découlent.
Intervenant à la table ronde relative aux 'instruments et aux financements innovants', le président du Conseil européen, Charles Michel, l’a rejointe sur ce dernier point, en soulignant l'importance de la tarification du carbone comme une « option utile » en addition à la mobilisation des financements innovants. Selon M. Michel, qui s’est réjoui des « pas en avant » qui ont été effectués dans ce domaine en Afrique et en Chine, il s’agit d’un levier efficace pour inciter le secteur privé à investir dans des solutions plus respectueuses de l'environnement.
Taxer les industries. De son côté, la présidente et directrice exécutive de l’European Climate Foundation, Laurence Tubiana, a argumenté en faveur d’une taxation de l’industrie des transports de marchandises qui pourrait représenter, selon elle, « 800 millions, voire 1 milliard de dollars par an ». « Pour faire payer les industries et pour que l'argent revienne aux personnes les plus vulnérables », Mme Tubiana a appelé à être plus créatifs afin d'observer toutes les options financières possibles, que ce soit pour une taxe sur les transactions financières ou la contribution des compagnies pétrolières et gazières. « Cela pourrait être le bon moment pour laisser notre imagination s'épanouir », a déclaré Mme Tubiana, qui reprendra la parole lors du 'Prologue' du Sommet, qui sera clôturé le 23 juin. (Nithya Paquiry)