Le Sommet pour un nouveau pacte financier mondial, annoncé par le président français, Emmanuel Macron, lors du G20 en novembre 2022 (EUROPE 13064/20), se tiendra les 22 et 23 juin 2023 au Palais Brongniart à Paris. Présidé par la France, et co-organisé avec l’Inde - à la tête du G20 cette année -, cet événement international fait écho à l'initiative de Bridgetown de la Première ministre de la Barbade, Mia Mottley, qui vise à faciliter l'accès des pays vulnérables aux financements internationaux pour faire face aux défis climatiques.
Le sommet ambitionne également de proposer des solutions de financement pour des enjeux plus larges, tels que l'accès à la santé et la lutte contre la pauvreté.
Et pour cause, dans un contexte empreint des répercussions de la pandémie de Covid-19, de la guerre en Ukraine et de crises multiples qui ont réduit l'espace budgétaire et fiscal de nombreux pays, et face à un développement humain en recul dans neuf pays sur dix (selon le Programme des Nations unies pour le développement - PNUD), le Sommet vise à établir un nouveau contrat financier entre le Nord et le Sud pour faire face aux conséquences de ces crises.
Quatre grands objectifs ont été annoncés : la restauration de l'espace budgétaire des pays les plus endettés, le développement du secteur privé dans les pays à faible revenu, l'encouragement des investissements dans les infrastructures vertes pour la transition énergétique et la mobilisation de financements innovants pour les pays vulnérables au changement climatique.
Le premier jour du Sommet s’organisera autour d’une cérémonie d’ouverture suivie de six tables rondes, trente événements labellisés et une cinquantaine d'événements parallèles. Le 23 juin au matin, les conclusions des discussions du Sommet seront annoncées.
Parmi les sujets attendus figurent : la réforme des institutions financières issues de Bretton Woods, la suspension du remboursement de la dette pour les pays frappés par des catastrophes naturelles ou encore la création de nouvelles taxes mondiales, notamment sur les émissions de CO2 du transport maritime.
En réunissant des dirigeants mondiaux, des responsables d'organisations internationales, des représentants de la société civile, des fondations et du secteur privé, le sommet vise à favoriser les partenariats et les collaborations pour trouver des solutions concrètes et des mécanismes de financement innovants. Néanmoins, selon les organisateurs, il s'agit de créer une dynamique politique pour renforcer les engagements collectifs et donc, d'établir des orientations, plutôt que de prendre des décisions spécifiques.
En ce sens, un groupe d'experts de haut niveau, le 'One Planet Lab', sera chargé de formuler des propositions pour mobiliser des sources innovantes de financement. Une feuille de route commune est attendue en vue des prochaines échéances internationales comme le G20 (9-10 septembre), le Sommet des Objectifs de Développement durable (19-20 septembre) et la COP28 (30 novembre-12 décembre). (Nithya Paquiry)