Les ministres européens de l’Environnement et du Climat, réunis à Luxembourg le 20 juin en Conseil ‘Environnement’, ont été appelés, à la demande des délégations française, espagnole, portugaise et roumaine, à discuter des politiques d'adaptation au changement climatique, dont la France et l'Espagne ont exposé des motifs incitant à les renforcer.
Afin d'initier le débat, le ministre français, Christophe Béchu, a mis en avant l'importance de l'adaptation au changement climatique, soulignant les événements météorologiques extrêmes récents en Europe. Il a insisté sur la nécessité d'une approche holistique intégrant l'adaptation climatique dans toutes les politiques ainsi que la mise en place d'une politique de référence commune à tous les secteurs et niveaux de gouvernance. Il a en outre rappelé que la France avait lancé un processus de consultation publique pour préparer le pays à une augmentation des températures moyennes estimée à +1°C d'ici 2100 - ce qui correspondrait à une augmentation au niveau mondial de 2,8 à 3,2°C - et a annoncé partager les résultats d'ici la fin de l'année.
L’ensemble des délégations qui sont intervenues ont exprimé leur soutien à cette initiative pour un renforcement des mesures d’adaptation au changement climatique.
La ministre belge, Zuhal Demir, a rejoint les propos de la délégation française et a appelé à agir en conformité avec la législation sur la restauration de la nature et les conclusions des organismes scientifiques tels que le GIEC.
La ministre néerlandaise, Viviane Heijnen, et son homologue roumain, Mircea Fechet, ont tous deux souligné l'importance d'une approche intégrée et de la coordination pour faire face aux risques climatiques. Les deux délégations ont mis l'accent sur la nécessité d'une collaboration entre les parties prenantes à tous les niveaux, du niveau local à celui de l'UE, ainsi que sur la coordination transfrontalière pour gérer les effets du changement climatique, rappelant qu’il s’agissait là d’une question sociétale transversale, ainsi que l’a qualifiée Mme Heijnen.
Le ministre portugais, Duarte Cordeiro, a évoqué les pertes de territoire et les phénomènes météorologiques extrêmes auxquels son pays était confronté. Il a rappelé que le Portugal avait besoin d'un soutien pour faire face à ces défis et qu'une meilleure connaissance des risques associés au changement climatique serait essentielle. De même, le ministre grec a souligné que la région méditerranéenne était particulièrement touchée par le changement climatique et a appelé à un soutien financier et à une approche européenne unifiée pour relever les défis de l'adaptation.
Enfin, si la délégation espagnole a exprimé son accord avec la proposition française de prendre en compte les scénarios probables dans la planification, la ministre Teresa Ribera a évoqué en outre l'ampleur des conséquences potentielles, notamment les inondations, les sécheresses et la perte de biodiversité. Des scénarios de changement climatique qui mériteraient l’usage de termes précis pour les décrire, selon la ministre allemande, Steffi Lemke, qui a salué l’initiative.
Lire la note d'information communiquée par les délégations française et espagnole : https://aeur.eu/f/7mq (Nithya Paquiry)