Après une visite de trois jours en Roumanie en compagnie d’autres eurodéputés pour évaluer la situation du secteur agricole dans le pays, Jérémy Decerle (Renew Europe, français) a déclaré, jeudi 22 juin, que « des tonnages importants de céréales ukrainiennes arrivent sur le territoire roumain et déstabilisent le marché ».
Il a rencontré, notamment avec Dacian Cioloș (Renew Europe, roumain), le secteur roumain des céréales, qui est « inquiet pour l’avenir et qui a déjà pâti de la situation », a-t-il expliqué.
Une des raisons des problèmes découlant de l’afflux de céréales ukrainiennes, malgré les mesures européennes (clause de sauvegarde interdisant temporairement les importations de céréales en provenance d’Ukraine dans 5 pays de l’UE proches de l’Ukraine), serait notamment la spéculation, qui ferait baisser les prix sur le marché.
Les mesures européennes sont considérées par les agriculteurs roumains comme des « pansements » insuffisants. Ils demandent dès lors des mesures concrètes et des solutions à long terme, a expliqué l’eurodéputé.
Parmi les actions possibles, M. Decerle a évoqué la contractualisation, pour éviter que des céréales sortent d’Ukraine sans la signature de contrats avec les pays destinataires de la marchandise ou encore la gestion par l’UE des stocks et de la redistribution des céréales dans les différents pays.
Le groupe Renew Europe avait présenté en juillet 2022 des mesures pour garantir la sécurité alimentaire en ces temps de guerre en Ukraine (EUROPE 12988/24), qui n’ont pas été reprises par la Commission européenne, à ce stade.
Jérémy Decerle a estimé que les problèmes structurels ne pouvaient pas être réglés uniquement en mobilisant l’argent européen de la réserve pour les crises agricoles.
La Commission européenne a proposé de verser 100 millions d’euros pour les agriculteurs des pays de l’UE limitrophes de l’Ukraine et 330 millions d’euros au bénéfice des 22 autres pays de l’UE, en utilisant l'ensemble des crédits 2023 de la réserve de crise (EUROPE 13200/20). (Lionel Changeur)