La commission spéciale du Parlement européen établie pour tirer les enseignements de la pandémie de Covid-19 (COVI) a entamé, mardi 28 mars, la phase finale de ses travaux, après l'audition, la veille, de la commissaire européenne Stella Kyriakides (EUROPE 13150/12) et de la directrice exécutive de l'Agence européenne des médicaments, Emer Cooke.
Chargée de piloter les négociations entre les groupes politiques, Dolors Montserrat (PPE, espagnole) a indiqué que les députés s'étaient accordés sur une structure en quatre piliers pour le projet de rapport : - la santé ; - l'approche coordonnée pour la démocratie et les droits fondamentaux ; - l'impact social et économique ; - l’UE et le monde.
Elle a appelé les députés à s'accorder à présent sur les priorités en dépit des divergences et à rester unis afin que les recommandations de la sous-commission COVI soient comprises et mises en œuvre par la Commission européenne et les États membres.
Lors de ce second échange de vues sur le projet de rapport 'Montserrat' (EUROPE 13132/15), les membres de la sous-commission ont donné un aperçu des amendements qu'ils s'apprêtent à déposer.
Pour Alessandra Moretti (S&D, italienne), la division du rapport en piliers est importante, mais il faudra veiller à la cohérence du rapport et à rationaliser sa structure pour le rendre efficace et précis. Selon elle, la dimension sociale ne devrait pas seulement être intégrée dans le pilier dédié, mais dans le rapport d'une manière générale. Mme Moretti a insisté sur la prévention, l’accès à la santé publique pour tous, l’approche One Health et la transparence. L’UE doit aussi changer de position sur les brevets liés aux vaccins, a-t-elle estimé.
Max Orville (Renew Europe, français) a qualifié le projet de rapport de bon point de départ, tout en souhaitant un texte plus politique. Il a souhaité que soient renforcées les formulations, notamment sur : - la prévention et les soins de santé primaires ; - la stratégie de vaccination ; - la santé mentale ; - les besoins d’autonomie stratégique européenne ; - le contrôle parlementaire des mesures limitant le droit de libre circulation ; - l'augmentation de la production locale des vaccins en Afrique. L'eurodéputé a avancé l'idée d'une Journée européenne pour les victimes de la Covid-19.
Michèle Rivasi (Verts/ALE, française) a souligné que son groupe souhaitait des améliorations, notamment sur l'approche One Health, la transparence des contrats, la levée des droits de propriété intellectuelle en cas d'urgence sanitaire, le Covid long. L'écologiste française s'est dite déçue du fonctionnement de la sous-commission parlementaire en raison du peu de coopération avec la Commission.
Kathleen Van Brempt (S&D, belge) a partagé en partie la frustration de sa collègue. Elle a également regretté que les groupes politiques ne prennent pas les travaux du Parlement suffisamment au sérieux.
Pour Kateřina Konecna (La Gauche, tchèque), le rapport ne reflète pas la position actuelle du Parlement européen sur les droits de propriété intellectuelle. Elle a notamment souhaité la création d’une entreprise commune pharmaceutique européenne ainsi qu'une reconnaissance des travailleurs de première ligne et des situations vécues par les personnes en maison de retraite.
Josianne Cutajar (S&D, maltaise) a évoqué les disparités sociales et la situation des femmes. Elle a insisté sur la santé mentale et le Covid long. Juozas Olekas (S&D, lituanien) a notamment évoqué la prévention collective, les jeunes et la nécessité de vulgarisation.
La date limite pour le dépôt des amendements au projet de rapport est fixée au mercredi 29 mars.
Lien vers le projet de rapport : https://aeur.eu/f/630 (Emilie Vanderhulst)