Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, s’est félicité, mercredi 15 février, à l’issue de la réunion des ministres de la Défense des pays de l’Alliance, des nouvelles promesses faites en soutien à l’Ukraine, « notamment davantage d'armes lourdes et de formation militaire ».
« C'est essentiel. L'Ukraine dispose d'une fenêtre d'opportunité pour faire pencher la balance et le temps presse », a estimé le secrétaire général, alors que la Russie préparerait une offensive de grande ampleur.
La veille, à l’issue de la réunion du groupe de contact sur la défense de l’Ukraine, le secrétaire d'État américain à la Défense, Lloyd Austin, avait rappelé qu’au cours des derniers mois, le groupe s’était engagé à fournir des quantités importantes de capacités de champ de bataille, de chars, de défense aérienne et de munitions. « Onze pays ont promis des chars. Vingt-deux ont promis des véhicules de combat d'infanterie. Seize ont promis de l'artillerie et des munitions. Et neuf autres ont promis de l'artillerie de défense aérienne », a-t-il ajouté.
M. Austin a précisé que la réunion du groupe – la neuvième – s’était concentrée sur la livraison des capacités promises et sur la fourniture efficace de la formation, des pièces de rechange, du soutien et de la logistique nécessaires au plein emploi de ces systèmes. « C'est une tâche monumentale de réunir tous ces systèmes, d'entraîner les troupes sur ces plateformes, de s'assurer que nous avons le soutien pour tous ces systèmes et d'envoyer ces systèmes au combat », a-t-il rappelé.
Au-delà du soutien à l’Ukraine, les ministres alliés sont convenus d’intensifier le soutien à la Bosnie-Herzégovine, la Géorgie et la Moldavie « afin de renforcer leurs capacités de défense, leur résilience et leur interopérabilité avec l'OTAN », selon M. Stoltenberg.
Développement de projets multinationaux
Les Alliés ont également examiné les moyens de renforcer la capacité industrielle et de reconstituer les stocks d'armements et de munitions, qui ont largement diminué en raison du soutien à l'Ukraine. « Les Alliés conviennent de la nécessité de travailler main dans la main avec l'industrie de la défense pour accroître notre capacité industrielle », a expliqué M. Stoltenberg, ajoutant qu’ils revoyaient les objectifs de capacité de l'OTAN pour les stocks de munitions.
Il s’est félicité de l’approbation de plusieurs projets multinationaux. Ainsi, huit pays ont rejoint l’initiative pour l’entreposage multinational de munitions.
Douze pays sont également convenus de s’employer à acquérir divers outils pour permettre à l’Alliance d’assurer la mobilité sur tous les terrains. Dix Alliés ont lancé la phase de conception d’une solution modulaire pour des capacités de défense aérienne basée au sol (GBAD) à très courte, courte et moyenne portée, et enfin, quatre pays regrouperont diverses installations de défense CBRN au sein d’une seule architecture.
Voir les projets : https://aeur.eu/f/5cd
Par ailleurs, 16 Alliés, la Finlande et la Suède ont lancé une nouvelle initiative, intitulée ‘Alliance Persistent Surveillance from Space’ (APSS), qui consistera à mettre en place une constellation virtuelle - 'Aquila' - de moyens spatiaux nationaux et commerciaux, tels que des satellites, en tirant parti des dernières avancées de la technologie spatiale commerciale. Cette initiative contribuera à rationaliser la collecte, le partage et l'analyse des données entre les Alliés et avec la structure de commandement de l'OTAN tout en générant des économies, selon l'Alliance.
Voir le projet : https://aeur.eu/f/5ce
De même, le Danemark et la Suède se sont associés à l’initiative 'Bouclier du ciel européen' (European Sky Shield), coordonnée par l’Allemagne et qui rassemble désormais 17 pays. Cette initiative vise notamment à renforcer la défense aérienne et antimissile intégrée de l’OTAN en facilitant l'acquisition et l’intégration multinationales d’un vaste éventail de capacités de défense antiaérienne par des pays européens.
Renforcer la sécurité des infrastructures sous-marines
Les ministres de la Défense ont également demandé aux autorités militaires de l’OTAN de donner des avis sur ce que leurs pays devraient faire de plus, notamment en améliorant la coordination et la coopération avec le secteur privé, pour renforcer la sécurité des infrastructures sous-marines critiques.
L’Alliance est également en train de mettre en place, à son siège, une cellule de coordination des infrastructures sous-marines critiques, qui sera dirigée par le général de corps d'armée allemand Hans-Werner Wiermann. Selon M. Stoltenberg, cette cellule facilitera l'engagement avec l'industrie et réunira les principaux acteurs militaires et civils pour partager les meilleures pratiques, tirer parti des technologies innovantes et renforcer la sécurité des infrastructures sous-marines.
Des décisions supplémentaires devraient être prises lors du sommet de Vilnius, en juillet, a annoncé le secrétaire général.
Lors du sommet, les dirigeants devraient également prendre des décisions concernant les engagements futurs d’investissements dans la défense au-delà de 2024. Les Alliés se sont engagés à dépenser, d’ici 2024, 2% de leur PIB en défense. (Camille-Cerise Gessant)