Les ambitions pour la biodiversité mondiale étaient toujours là, mercredi 23 novembre, lors d'un débat au Parlement européen en vue de la quinzième conférence des parties à la Convention sur la diversité biologique (COP15, Montréal 7-19 décembre), même si 'l'échec' ou 'la déception' de la COP27 sur le climat a souvent été évoqué(e).
Au nom de la Présidence tchèque du Conseil de l'UE, le ministre Mikuláš Bek a parlé d'« une conférence importante pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité pour la prochaine décennie et au-delà », assurant aux eurodéputés sa détermination à défendre, « avec la Commission et les États membres », la position de négociation de l'UE (EUROPE 13049/2).
Il a notamment cité « un cadre ambitieux et global avec les ressources financières nécessaires pour la mise en œuvre » et l'objectif de la conservation effective d'au moins 30% des terres et d'au moins 30% des océans, en sauvegardant les droits des peuples autochtones et des communautés locales.
Sur la même ligne, le commissaire à l'Environnement, Virginijus Sinkevičius, a indiqué qu'actuellement, dans les négociations internationales, « les avis divergent sur les zones en mauvais état » et que le financement reste le nerf de la guerre. Il a appelé « tous les États membres » à augmenter leur financement et s'est réjoui qu'une délégation du PE se rende à Montréal.
Les groupes PPE, S&D, Renew Europe, Verts/ALE et La Gauche s'en sont tenus à la position du PE en faveur d'un objectif de restauration d'au moins 30% des terres et des écosystèmes marins à l'horizon 2030 et d' un accord de Montréal jumeau de l'Accord de Paris sur le climat - position qu'ils avaient déjà réitérée en juillet (EUROPE 12986/7).
Stanislav Polčák (PPE, tchèque), favorable à l'extension des zones protégées, à la fixation d'objectifs pour 2030 et 2050 et à l'élimination progressive des subventions nocives à la biodiversité, a toutefois laissé entendre qu'il n'était pas favorable à lier le futur accord de Montréal à l'objectif de 1,5 degré Celsius de l'Accord de Paris.
« Pourquoi aller à Montréal ? Pour s'accorder sur des objectifs contraignants de restauration de la nature », a estimé Cesar Luena (S&D, espagnol). « Il faut un Traité contraignant comme l'Accord de Paris », a renchéri La Gauche.
Au nom de Renew Europe, Maria Rodriguez Ramos a insisté sur l'importance d'une surveillance exigeante.
De l'avis de Marie Toussaint (Verts/ALE, française), « les solutions fondées sur la nature sont un moyen de poursuivre la logique d'accaparement des terres à travers un marché de titrisation ».
Attribuant l'échec de la COP27 « principalement aux demandes hors-sol de l'UE », Aurélie Beigneux (ID) a dit qu'« une grande partie des chefs d'État ne seront pas présents à Montréal, mais bien Greenpeace, financée par le lobby des éoliennes ».
Pour Alexandr Vondra (CRE, tchèque), l'UE doit « donner l'exemple pour cette conférence importante », mais ne doit pas prendre d'engagements qui n'auraient pas été agréés en interne. (Aminata Niang)