login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 13069
PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Migration

Les eurodéputés demandent aux États membres des solutions durables pour gérer les flux migratoires en Méditerrannée

Les eurodéputés ont appelé les États membres, mercredi 23 novembre à Strasbourg, à adopter le 'Pacte Asile et Migration' et à mettre en œuvre des solutions de long terme, seule voie possible pour régler la question de la migration vers l’UE, notamment la problématique des opérations de sauvetage en mer.

Mais il se sont montrés divisés sur la façon d'y arriver, certains groupes, dont le PPE, rappelant la nécessité de sauver les personnes en mer, mais aussi celle de prévenir les départs et de reconduire automatiquement dans leurs pays les personnes en situation irrégulière, quand les groupes de gauche ont appelé les États membres à développer les voies légales et à ne pas laisser les opérations de sauvetage et de secours en mer aux ONG ou aux navires marchands.

 Le PPE a notamment soutenu la création de centres en Afrique pour y traiter sur place les demandes d’asile, comme l’a dit le chef du PPE, Manfred Weber (allemand). L’Allemand a aussi demandé une définition renouvelée des refoulements de migrants, notamment en mer, pour donner plus de clarté aux garde-frontières et permettre à l’UE de pouvoir décider « qui vient et qui ne vient pas en Europe ».

Ce débat a eu lieu à deux jours de la réunion extraordinaire des ministres de l’Intérieur de l’UE, convoquée par la Présidence tchèque du Conseil de l’UE le 25 novembre en partie à cause de la rivalité entre Paris et Rome, il y a une dizaine de jours, sur l’accueil du bateau de SOS Méditerranée, l’Ocean Viking.

À cette occasion, la Commission a présenté, lundi 21 novembre, un plan de 20 actions ne contenant certes pas de nouveautés, mais appelant les États membres à renforcer les politiques existantes, comme la coopération avec les pays de retour pour prévenir les départs, ou à s’engager un peu plus nettement dans le mécanisme de relocalisation volontaire des migrants mis en place au profit des pays de première ligne.

Pour le vice-président de la Commission, Margarítis Schinás, les États membres ne peuvent cependant plus continuer avec des solutions « au coup par coup » et rien ne peut remplacer un accord sur la réforme du système européen d’asile et de migration.

Le vice-président a rappelé que plus de 90 000 personnes sont arrivées cette année via la route de la Méditerranée centrale et d’autres routes, comme celle des Balkans occidentaux, ce qui inquiète aussi les États membres. « On a tous les instruments sur la table, mais on ne peut pas les utiliser ! », a-t-il commenté, appelant les colégislateurs à entamer rapidement des trilogues sur plusieurs textes du 'Pacte Asile' ou de l’ancien 'paquet Asile' de 2016, par exemple sur le règlement Eurodac, qui pourrait faire l'objet d'un premier trilogue en décembre ou début janvier.

Iratxe Garcia Perez, présidente du groupe S&D, a rappelé que « 9 migrants sur 10 arrivent dans l’UE sans les ONG ; il faut donc arrêter de les criminaliser ». Par ailleurs, l’UE doit se montrer solidaire avec les pays du Sud qui ne peuvent pas porter à eux seuls la responsabilité des arrivées.

Pour le président de Renew Europe, Stéphane Séjourné (français), il faut avancer vers une réforme alliant solidarité et responsabilité, mais il faut aussi des règles européennes pour renvoyer rapidement les migrants en situation irrégulière avec « des procédures identiques et des critères communs » respectant toujours les droits fondamentaux.

Le Belge Philippe Lamberts, coprésident des Verts/ALE, pour sa part, a surtout déploré que les États membres ne « respectent pas leurs engagements internationaux », dont la Convention de Genève ou le droit maritime international, et « criminalisent les ONG ». 

L’organisation « de voies sûres et d’une répartition équitable entre les États membres » reste « la seule solution ».

Sans surprise, le groupe ID a estimé que les ONG font le jeu des « mafias de passeurs » , a dit Jordan Bardella (français), qui soutient également l'idée d'organiser les demandes d’asile depuis les pays tiers dans les ambassades et consulats des États membres. (Solenn Paulic)

Sommaire

PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
DROITS FONDAMENTAUX - SOCIÉTÉ
ACTION EXTÉRIEURE
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
Invasion Russe de l'Ukraine
COUR DE JUSTICE DE L'UE
BRÈVES