Les députés de la commission du développement régional (REGI) du Parlement européen ont fait part de leurs inquiétudes à la Commission européenne, mardi 8 novembre, concernant l'impact de la 'Facilité pour la Reprise et la Résilience' (FRR) sur la cohésion.
Younous Omarjee (La Gauche, français) a ainsi déclaré que la FRR, dotée de 700 milliards d’euros - contre 390 pour la cohésion -, « peut être une force de déstabilisation » si elle ne suit pas les principes de cohésion contenus dans les traités. Les députés ont craint que, faute de complémentarité entre la FRR et la politique de cohésion, cette dernière soit progressivement abandonnée. « La réalité est que les États membres se tournent vers la FRR parce que c'est plus rapide, plus simple et moins contrôlé », a constaté Jan Olbrycht (PPE, polonais).
Le risque, a-t-il poursuivi, est une centralisation croissante au détriment de la cogestion prévue par la politique régionale. En effet, la FRR n’introduit pas d’obligation de consulter les autorités locales. « Je pense que la FRR a un impact négatif sur la cohésion, car s'il y a la possibilité d'aller vite, cela remet en cause la cohésion. Mais la vitesse n'est pas tout, la qualité et la participation sont importantes », a défendu Niklas Nienass (Les Verts/ALE, allemand).
Les eurodéputés ont aussi estimé que les retards de la politique de cohésion 2021-2027 s’expliquaient en partie par la FFR. Non seulement les dépenses FRR doivent être engagées pour 2026, contre 2030 pour la cohésion, mais les autorités sont aussi confrontées à des limites de capacités. Si la Commission européenne a reconnu la situation, elle a soutenu que « le fait que les États membres aient d'abord préparé leurs plans nationaux pour la reprise et la résilience (PRR) n'entrave en rien le rôle de la cohésion, car tout est fait en complémentarité. […] Il se peut qu’un pays entame un investissement au titre de la FRR et qu’il mobilise la cohésion pour poursuivre la mise en œuvre dès que le paiement de la FRR cesse ». (Hélène Seynaeve)