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Bulletin Quotidien Europe N° 13059
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ACTION EXTÉRIEURE / Affaires ÉtrangÈres

Selon M. Meijer, la politique étrangère et de défense est le domaine où il y a le plus de défis pour aboutir à l’autonomie stratégique

Hugo Meijer, chargé de recherche CNRS à Sciences Po, a estimé, mardi 8 novembre, lors d’une audition au Parlement européen, que la Politique de sécurité et de défense, qui tient de l’intergouvernemental, était « le domaine où il y a le plus de défis pour aboutir à l’autonomie stratégique ».

Il a expliqué aux députés européens qu’il y a deux grands obstacles pour passer d’un grand potentiel au niveau national à une autonomie stratégique au niveau européen : la cacophonie stratégique – concernant les priorités stratégiques, qui sont différentes d’un pays à l’autre - et les carences en matière de capacités de défense. Selon le chargé de recherche, ces deux entraves se complètent et se renforcent.

« Le potentiel (pour une autonomie stratégique) existe, mais il faut avant tout surmonter ces deux obstacles », a-t-il ajouté. Pour les surmonter, M. Meijer a mis en avant quatre actions. Selon lui, il faut, en se fondant sur l’analyse des risques de la 'Boussole stratégique', établir un document qui définisse les priorités stratégiques de l’UE au niveau régional et fonctionnel. « Sans une liste avec des priorités stratégiques, nous risquons une incohérence dans l’action extérieure, des problèmes en termes de coordination au niveau interne et d’allocation de ressources », a-t-il expliqué.

Le chargé de recherche a ajouté qu'il fallait moduler le niveau d’ambition concernant le rôle de l’UE dans le domaine de la défense et de la dissuasion à court, moyen et long termes. « On ne peut pas avoir une pleine souveraineté, une autonomie stratégique si la défense est externalisée », a-t-il prévenu, expliquant qu’il fallait se détacher des États-Unis.

M. Meijer a aussi estimé qu’il fallait améliorer la coordination centralisée et passer à la majorité qualifiée dans la politique étrangère et de défense. Selon lui, avec le droit de veto de chaque État membre, « la capacité de l’UE d’agir sur la scène mondiale en est amenuisée ».

De son côté, Susi Dennison, directrice pour le 'Pouvoir européen' à l’European Council on Foreign Relations, a présenté une étude de son organisation sur la souveraineté stratégique selon laquelle, en termes de défense, les capacités sont à la traîne par rapport aux engagements. « La France, l’Allemagne, l’Italie sont à la pointe, ce qui permet de gonfler le résultat final alors que 11 pays sont à la traîne », a-t-elle expliqué, tout en précisant que le domaine de la défense était très dynamique et que le résultat pourrait être très différent dans 12 ou 24 mois.

Selon l’indice de souveraineté européenne, la souveraineté européenne est « satisfaisante » dans le domaine de la défense et certains pays sont sur le point de réaliser leur potentiel en contribuant à la souveraineté de la défense européenne tandis que d'autres échouent terriblement.

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/3yh (Camille-Cerise Gessant)

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