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Bulletin Quotidien Europe N° 13045
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Droits fondamentaux

Cinq ans après l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, les eurodéputés appellent Malte à assumer sa responsabilité

Cinq ans après la mort de Daphne Caruana Galizia, les eurodéputés ont dénoncé, lundi 17 octobre, des failles persistantes à l’État de droit à Malte. En session plénière du Parlement européen à Strasbourg, une proposition de résolution, préparée par l’ensemble des groupes politiques sauf ID, sera soumise au vote jeudi 20 octobre.

Présent lors du débat, le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, a salué les progrès réalisés par le gouvernement maltais depuis 2020, tout en insistant sur « l’importance de mener à bien toutes les réformes nécessaires en matière d’indépendance et d’efficacité de la justice, de lutte contre la corruption et de liberté des médias, et de les mettre en œuvre concrètement » (EUROPE 12992/1).

Trop d'impunité

Malgré la condamnation des auteurs de l’assassinat de Daphne Caruana Galizia, les commanditaires restent, eux, impunis, a dénoncé l’hémicycle. « Traduire en justice tous les complices de sa mort est un minimum et reste une priorité absolue », a rappelé Thijs Reuten (S&D, hollandais).

Les députés ont également appelé à ce que les faits dénoncés par la journaliste soient traités en justice. « Daphne est morte pour avoir exposé des actes répréhensibles de corruption et de crime. […] Pourtant, pratiquement aucune de ces affaires n'a fait l'objet d'une enquête sérieuse, encore moins d'un procès », a déploré Sophie in ’t Veld (Renew Europe, hollandaise).

Par ailleurs, l’enquête publique sur l’assassinat ayant pointé un « climat d'impunité généré au plus haut niveau » de l’État de Malte, celui-ci « doit pleinement mettre en œuvre les recommandations de l'enquête publique [et] assumer sa responsabilité dans l'assassinat », a martelé Manfred Weber (PPE, allemand).

Liberté de la presse

Alors que la Commission a proposé un 'Acte pour la liberté des médias' (EUROPE 13023/1) ainsi qu’une législation sur les procédures bâillon (EUROPE 13037/21), Didier Reynders a aussi demandé à Malte « d'accroître l'indépendance des médias de service public » et d'introduire « des garanties législatives et autres » pour faciliter le travail de la presse. 

Des eurodéputés ont souligné que la protection des journalistes doit être une priorité de l’UE et de tous les États membres. « La liberté de la presse n’est pas bonne dans l’Union européenne », a dénoncé Gwendoline Delbos-Corfield (Verts/ALE).

Affrontements politiques dans l'hémicycle

Enfin, Alessandro Panza (ID, italien) a dénoncé un phénomène de « deux poids, deux mesures », estimant que « la Pologne et la Hongrie ont été mises sur le banc des accusés [...] pour leurs gouvernements trop à droite », alors qu’on « détourne le regard, même au prix de la justice » lorsqu’il s’agit de gouvernements de gauche. « Peut-être est-il temps de lancer l'article 7 contre Malte », a conclu Patryk Jaki (CRE, polonais). « Nous ne sommes pas indulgents face à des gouvernements socialistes », s’est défendu Konstantinos Arvanities (GUE/NGL, grec). « Tout meurtre d’un journaliste est un coup porté à la démocratie ».

Lire la proposition de résolution (en anglais) : https://aeur.eu/f/3no (Hélène Seynaeve)

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