Les eurodéputés réunis à Strasbourg ont débattu, lundi 17 octobre, du rapport de Jörgen Warborn (PPE, allemand) concernant le recours aux carburants renouvelables et bas carbone dans le transport maritime ('FuelEU Maritime’) (EUROPE 13035/25). Le vote final sur le rapport, adopté en commission du PE le 3 octobre dernier, aura lieu ce mercredi 19 octobre.
« C’est une percée. Jamais une puissance mondiale n’avait rédigé un cadre si ambitieux. Après plus d’un an de discussions et de grosses négociations au Parlement, nous avons un accord soutenu par le PPE, le S&D, Renew Europe, ID et CRE, ainsi que les deux commissions associées du Parlement européen », a commenté M. Warborn.
Soutenus par une large majorité du PE, plusieurs amendements déposés par les groupes politiques seront également soumis aux voix, à l’image des Verts/ALE, qui souhaiteraient notamment étendre l’obligation de se brancher aux infrastructures à quai - sous peine d'être sanctionnés, voire d'être interdits d'accès - à tous les navires concernés par le champ d’application à partir de 2035. Le texte prévoit, pour l’instant, une telle obligation seulement pour certains types de navires, comme les navires de croisière, à partir de 2030.
Plusieurs autres amendements seront soumis au vote. Toutefois, la commissaire européenne chargée des Transports, Adina Vălean, a profité du débat pour insister sur le fait de prêter attention à ne pas réduire la portée du texte.
« Le rapport maintient les piliers de la proposition de la Commission, mais d’autres amendements pourraient réduire l’efficacité et rendre plus difficile la mise en œuvre du règlement », a-t-elle estimé.
Un certain nombre d’eurodéputés ont aussi souligné - alors que 75% des exportations de l’UE se font par voie maritime - l’importance d’apporter des garanties aux acteurs du secteur maritime.
« La tâche des colégislateurs est d’assurer un cadre clair. On ne peut pas adopter des solutions qui ne traitent qu’une partie du secteur et fait peser des charges énormes sur les autres », a déclaré Elsi Katainen (Renew Europe, finlandaise), rappelant aussi l’attachement de son groupe politique au principe de neutralité technologique. (Thomas Mangin)