Les eurodéputés ont débattu, lundi 17 octobre, du rapport d’Ismail Ertug (S&D, allemand) concernant le déploiement d’infrastructures de carburants alternatifs au sein de l’UE ('AFIR') (EUROPE 13035/24). Le vote final aura lieu mercredi 19 octobre. Le rapport avait été approuvé par les membres de la commission des transports du PE le 3 octobre dernier.
Pour rappel, le rapport prévoit que des bornes de recharge pour véhicules électriques soient déployées et qu’elles ne soient pas espacées de plus de 60 kilomètres d’ici 2026. Des exigences similaires seront mises en place d’ici 2026 pour les poids lourds et autres bus sur le réseau transeuropéen de transport (RTE-T) central.
Les stations de ravitaillement en hydrogène ne devront pas être espacées de plus de 100 km d’ici 2028 et, de manière globale, les États membres devront présenter un plan d’action pour le déploiement des infrastructures d’ici 2024.
Si le rapport de M. Ertug a été bien accueilli par une majorité d’eurodéputés, certains d’entre eux ont toutefois rappelé la nécessité d’avoir un approvisionnement suffisant en électricité pour la fourniture d’énergie aux bornes de recharge et de ne pas accentuer la fracture existante entre les États membres au sein de l’UE.
« C’est important de ne plus être dépendants des combustibles fossiles, mais aucune région ne peut être laissée de côté. Ce n’est pas équilibré actuellement et l’UE sera aussi faible que le seront certaines régions périphériques qui seraient laissées à l’écart. Tant qu’une voiture électrique ne pourra pas être rechargée n’importe où pour n’importe quel trajet, on ne pourra pas convaincre les gens de l’adopter », a déclaré Bronis Ropė (Verts/ALE, lituanien).
Toujours au chapitre de l’électrification, certains eurodéputés ont aussi insisté sur le besoin de ne pas oublier le transport ferroviaire dans l’équation, estimant, à l’instar d’Anna Deparnay-Grunenberg (Verts/ALE, allemande), qu’il serait possible d’aller plus loin pour l’électrification du rail.
Sur ce point, la commissaire européenne chargée des Transports, Adina Vălean, a rappelé que de telles dispositions étaient incluses dans le cadre de la révision du RTE-T et qu’il ne « faudrait pas créer de redondances » dans le cadre du règlement AFIR.
En outre, la question des moyens de paiement aux bornes de recharge est également revenue à plusieurs reprises. « Le paiement doit se faire de manière simple, avec des badges ou via le téléphone, partout en UE. Mais ça ne se fera pas du jour au lendemain. La feuille de route doit être réaliste pour avoir une offre cohérente », a déclaré Caroline Nagtegaal (Renew Europe, néerlandaise).
Enfin, plusieurs eurodéputés sont revenus sur les volets maritimes et aériens du règlement AFIR. À ce titre, Mme Duparnay-Grunenberg a notamment plaidé en faveur de l’extension de l’obligation d’électrification aux jets privés et aux petits aéronefs. « Les plus riches ne doivent pas être exclus du système », a-t-elle tranché. (Thomas Mangin)