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Bulletin Quotidien Europe N° 13045
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PLÉNIÈRE DU PARLEMENT EUROPÉEN / Économie

Fracture gauche/droite au PE sur la réponse européenne aux répercussions socioéconomiques pour l'UE de l'agression russe de l'Ukraine

La ligne de fracture entre groupes politiques de gauche et de droite au Parlement européen est réapparue, mardi 18 octobre, lors d'un débat sur les réponses à apporter aux répercussions socioéconomiques dans l'Union européenne de l'agression armée de la Russie en Ukraine.

À gauche de l'échiquier politique, on réclame une action résolue au niveau européen pour protéger les citoyens et les entreprises vulnérables, notamment en ponctionnant les ressources des entreprises qui profitent de la crise.

Estimant que « les gens ne doivent pas choisir entre se chauffer et manger », la présidente du groupe S&D, l'Espagnole Iratxe García Pérez, a déploré l'absence de capacité budgétaire permanente au niveau européen. Elle a prôné la poursuite de l'initiative SURE de soutien aux régimes nationaux de chômage partiel, activée pour affronter la pandémie de Covid-19, ainsi qu'un impôt ponctuel sur les bénéfices exceptionnels que réalisent les multinationales, « pas seulement les entreprises énergétiques ».

D'accord avec elle, son compatriote Ernest Urtasun (Verts/ALE) a aussi préconisé « un moratoire contre les expulsions » à l'approche de l'hiver. Quant à Manon Aubry (La Gauche, française), en écho aux mouvements social et syndical en France, elle a réclamé la réquisition des actionnaires, ces « inutiles (qui) multiplient les dividendes ». « Les peuples européens attendent le blocage des prix de tous les produits de première nécessité », a-t-elle ajouté.

Au nom de la Présidence tchèque du Conseil de l'UE, le Premier ministre adjoint, Ivan Bartoš, a rappelé que, fin septembre, les États membres s'étaient entendus pour plafonner les revenus des producteurs d'électricité inframarginaux (utilisant notamment les énergies renouvelables) et pour imposer une contribution de solidarité temporaire aux entreprises du secteur des énergies fossiles (EUROPE 13033/1).

À droite de l'échiquier politique, les questions d'une redistribution des ressources et de la lutte contre les inégalités croissantes au niveau européen sont généralement occultées. Dragoș Pîslaru (Renew Europe, roumain) a certes estimé que l'UE devait agir en tant que « bouclier », mais pour permettre les « micro-investissements » dans la transition énergétique des ménages et des entreprises.

Markus Ferber (PPE, allemand) a critiqué la Commission européenne, qui ne prévoirait rien contre les entraves bureaucratiques dans son programme de travail pour 2023 présenté ce mardi (voir autre nouvelle). Antonio Rinaldi (ID, italien) et Zdzisław Krasnodębski (CRE, polonais) ont mis en garde contre la concurrence déloyale entre États membres ne disposant pas de la même marge de manœuvre budgétaire pour répondre à la crise énergétique, en écho au plan d'aide allemand de 200 milliards d'euros jusqu'en 2024 (EUROPE 13034/5). Quant à Gilbert Collard (non-inscrit, français), l'UE n'apporte, selon lui, que « cauchemar, pauvreté et impuissance ».

Du côté de la Commission, le vice-président, Valdis Dombrovskis, a réitéré la position budgétaire dominante à l'Eurogroupe : les aides d'urgence aux citoyens et aux entreprises doivent demeurer « ciblées et temporaires et contenir une incitation à la réduction de la consommation » énergétique, contrairement à une soutien généralisé qui augmenterait encore l'inflation et la consommation. « Les politiques budgétaire et monétaire ne doivent pas être en contradiction », a-t-il considéré. (Mathieu Bion)

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