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Bulletin Quotidien Europe N° 13045
POLITIQUES SECTORIELLES / Énergie

La part des dépenses énergétiques a augmenté en moyenne de plus d’un tiers dans l’UE entre 2019 et 2022, selon la Commission

Entre 2019 et 2022, la part des dépenses liées à l’énergie (sans compter les coûts des carburants de transport) a augmenté en moyenne de plus d’un tiers dans l’Union européenne, allant presque jusqu’à doubler dans certains États membres, indique la septième édition du rapport annuel sur l’état de l’union de l’énergie, publiée par la Commission européenne mardi 18 octobre.

Dressant un état des lieux du secteur de l’énergie dans l’UE en 2022, le rapport de cette année est sensiblement différent des versions précédentes en raison des récentes évolutions géopolitiques qui ont provoqué de fortes turbulences sur les marchés de l’énergie.

Il souligne ainsi l’impact considérable de l’invasion russe de l’Ukraine sur le système énergétique de l’UE, y compris sur les prix.

« Il existe un risque qu’un groupe plus important de ménages ne soit pas en mesure de payer ses factures d’énergie, ce qui toucherait non seulement les ménages à faible revenu, mais aussi les ménages à revenu moyen inférieur et potentiellement au-delà dans certains États membres », alerte notamment le document. En 2020, 35 millions de citoyens de l’UE (environ 8% de la population de l’Union) n’étaient déjà pas en mesure de se chauffer suffisamment. 

Le GNL comme alternative au gaz russe

Le rapport note également que la part du gaz russe acheminé par gazoduc dans les importations de l’UE a chuté de 41% en 2021 à 9% en septembre 2022. Elle est passée de 45 à 14% en incluant le gaz naturel liquéfié (GNL) russe.

En réaction, l’UE s’est notamment tournée vers le GNL en provenance d’autres pays, portant ainsi à 32% la part du GNL dans les importations nettes totales de gaz de l’Union.

Une autre mesure prise par l’UE consiste à assurer un niveau de remplissage suffisant des stocks de gaz en prévision de l’hiver. Sur ce point, le document note que le taux de remplissage moyen était supérieur à 91% de la capacité totale à la mi-octobre. En outre, dès le 5 octobre, 14 États membres avaient déjà dépassé l’objectif de 80% fixé pour le 1er novembre (EUROPE 12980/3).

Les subventions fossiles restent stables

Par ailleurs, le rapport indique que les subventions pour les combustibles fossiles sont restées assez stables en 2021, la diminution des subventions pour la production d’électricité d’origine fossile étant compensée par une augmentation des subventions aux combustibles fossiles dans l’industrie et les transports.

Année record pour le solaire

Concernant les énergies renouvelables, le document souligne que l’UE a produit un pourcentage record de 12% de son électricité à partir de l’énergie solaire de mai à août 2022, et 13% à partir de l’énergie éolienne.

« Les premières indications suggèrent que 2022 sera une année record pour le marché européen du solaire photovoltaïque », ajoute la Commission, prévoyant une croissance annuelle de 17 à 26% sur les marchés des plus grands pays de l’UE.

La production d’hydroélectricité a en revanche diminué de 14 à 11% durant l’été 2022 par rapport aux années précédentes, en raison de la sécheresse.

La Commission estime que la part des énergies renouvelables dans le mix électrique de l’UE devrait passer de 37% en 2021 à 69% en 2030.

Voir le rapport : https://aeur.eu/f/3ns (Damien Genicot) 

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